Dessin du coffret

Ajoutez au moins une zone dans le panneau de gauche : le tableau se compose automatiquement.

Décrivez le logement zone par zone : l'outil compose le tableau, calibre les interrupteurs différentiels par la règle de l'aval, répartit les circuits, dessine la face avant du coffret et sort la liste du matériel.

Mis à jour le

Dimensionner un tableau électrique selon la norme NF C 15-100

La norme NF C 15-100 est le référentiel français pour les installations électriques basse tension. Elle définit les règles de conception, de réalisation et de vérification des installations électriques dans les bâtiments d'habitation, et conditionne l'obtention de l'attestation de conformité Consuel pour toute installation neuve ou rénovée en totalité.

Dimensionner un tableau électrique consiste à déterminer, à partir de la liste des circuits du logement : le nombre d'interrupteurs différentiels 30 mA et leur calibre (40 A ou 63 A), leur type (AC, A, F ou B), la répartition des circuits sous chaque différentiel, ainsi que le calibre de chaque disjoncteur divisionnaire et la section de câble associée. La norme impose notamment :

  • un nombre minimum de circuits par type d'usage et des circuits spécialisés pour le gros électroménager ;
  • au moins 2 interrupteurs différentiels 30 mA par logement, dont au moins 1 de type A ;
  • 8 circuits maximum sous un même interrupteur différentiel ;
  • la répartition des circuits d'éclairage et de prises sous au moins 2 différentiels distincts ;
  • une réserve minimale de 20 % d'emplacements libres dans le tableau de répartition ;
  • l'adéquation entre calibre du disjoncteur et section des conducteurs de chaque circuit.

Ce calculateur applique ces règles automatiquement : vous décrivez le logement zone par zone (salon, cuisine, chambres…), il compose le tableau, vérifie la conformité point par point et dessine la face avant du coffret rangée par rangée. Le dessin est interactif : réorganisez les disjoncteurs et les rangées par glisser-déposer, et cliquez sur chaque départ pour afficher ses caractéristiques (calibre, section, protection différentielle). Le schéma unifilaire et la liste du matériel sont générés automatiquement.

Quelle version de la norme s'applique à votre chantier ?

La NF C 15-100 a changé de forme. Le document unique de décembre 2002, amendé A1 à A5, a été remplacé le 21 août 2024 par une série de 21 normes. Les deux versions ont coexisté un an ; depuis le 1er septembre 2025, seule l'édition 2024 s'applique. La version qui fait foi est celle en vigueur à la date de signature du marché, de dépôt du permis de construire ou de la déclaration préalable — pas à la date des travaux. Un chantier engagé avant septembre 2025 reste donc légitimement traité sous l'ancienne version.

Les parties qui concernent un tableau de logement :

  • NF C 15-100-1 — règles générales (protection, sections, dispositifs de coupure) ;
  • NF C 15-100-10 — installations électriques dans les bâtiments d'habitation : c'est la partie qui porte les règles de composition du tableau reprises ici ;
  • NF C 15-100-7-722 — alimentation des véhicules électriques (circuit spécialisé, DDR 30 mA dédié, obturateurs) ;
  • NF C 15-100-8-1 — efficacité énergétique, avec une classification de performance de EE0 à EE5 ;
  • NF C 15-100-11 — réseaux de communication du logement.

Pour le tableau de répartition, l'édition 2024 ne bouleverse pas les règles historiques — minimum 2 différentiels, 8 circuits par différentiel, réserve de 20 % — mais elle formalise le type F pour les circuits à variateur monophasé, durcit l'encadrement de l'IRVE et recommande les protecteurs d'arc (AFDD/DPDA) dans les locaux à risque d'incendie élevé. Les AFDD restent une recommandation, pas une obligation en habitation : le calculateur ne les ajoute pas d'office.

Comment calculer le calibre des interrupteurs différentiels : la règle de l'aval

La NF C 15-100 admet deux méthodes pour dimensionner un interrupteur différentiel. La règle de l'amont consiste à choisir un calibre au moins égal à celui du disjoncteur de branchement (AGCP) : simple, mais souvent surdimensionnée. La règle de l'aval, utilisée par ce calculateur, part des circuits réellement raccordés sous le différentiel : son calibre In doit être supérieur ou égal à la somme pondérée des calibres des disjoncteurs qu'il protège.

Règle de l'aval

In 1 × Σ I (chauffage, chauffe-eau, IRVE) + 0,5 × Σ I (autres circuits)

Iₙ : calibre de l'interrupteur différentiel (A) · I : calibre du disjoncteur de chaque circuit protégé (A) · coefficient 1 pour le chauffage électrique direct, le chauffe-eau et la recharge de véhicule électrique · coefficient 0,5 pour tous les autres circuits

Les circuits de chauffage électrique direct, de chauffe-eau et de recharge de véhicule électrique sont comptés à 100 % de leur calibre (coefficient 1), car ils peuvent fonctionner longtemps à pleine charge. Tous les autres circuits (éclairage, prises, four, lave-linge…) sont affectés d'un coefficient de foisonnement de 0,5, leur usage étant intermittent.

Exemple : sous un même différentiel, un chauffe-eau (disjoncteur 20 A), un circuit de prises (20 A), un circuit d'éclairage (16 A) et un four (20 A) donnent : 1 × 20 + 0,5 × (20 + 16 + 20) = 48 A. Le calibre 40 A est insuffisant : il faut un interrupteur différentiel 63 A. Si la somme dépasse 63 A, les circuits doivent être répartis sur un différentiel supplémentaire ; le calculateur effectue cette répartition automatiquement, en respectant la limite de 8 circuits et la séparation éclairage/prises. Pour approfondir la comparaison des deux méthodes, consultez notre outil dédié règle de l'amont / règle de l'aval.

Une confusion fréquente mérite d'être levée : les 30 mA d'un interrupteur différentiel sont sa sensibilité — le courant de fuite qui provoque le déclenchement — et non son calibre. Le calibre, lui, est le courant que l'appareil sait transiter en permanence : en résidentiel, il vaut 40 A ou 63 A, jamais moins.

Types de différentiels : AC, A, F ou B ?

La sensibilité de 30 mA protège les personnes contre les contacts indirects, mais le type du différentiel détermine les formes de courant de défaut qu'il sait détecter :

  • Type AC : détecte les courants de défaut alternatifs sinusoïdaux. Il convient aux circuits standards : éclairage, prises de courant, volets roulants, VMC.
  • Type A : détecte en plus les courants de défaut continus pulsés. Il est obligatoire pour les circuits de la plaque de cuisson, du lave-linge et de la prise de recharge de véhicule électrique. Au moins un type A est exigé par logement.
  • Type F (successeur du type Hpi) : destiné aux circuits alimentant un équipement à variateur monophasé — pompe à chaleur, climatisation, pompe de piscine, certains congélateurs. Il ajoute au type A une immunité renforcée contre les déclenchements intempestifs et la détection des défauts à fréquence composite.
  • Type B : détecte en outre les courants de défaut continus lisses. C'est le type requis en triphasé pour une borne de recharge qui n'intègre pas sa propre détection de courant continu résiduel 6 mA DC.

Le calculateur attribue automatiquement le type adapté à chaque équipement, refuse de placer un circuit exigeant un type A sous un différentiel de type AC, et vérifie qu'au moins un différentiel de type A est présent dans la composition du tableau.

Calibre des disjoncteurs et section des câbles par circuit

La NF C 15-100 associe à chaque type de circuit un calibre maximal de disjoncteur et une section minimale de conducteurs en cuivre. Ce sont exactement ces couples calibre/section que le calculateur applique pour composer la liste du matériel :

CircuitDisjoncteurSection cuivreDifférentiel
Éclairage (8 points lumineux max par circuit)16 A1,5 mm²AC ou A
Prises de courant 16 A (lot de 6 ou de 12 socles)20 A2,5 mm²AC ou A
Prises du plan de travail de cuisine (6 socles min.)20 A2,5 mm²AC ou A
Four, lave-vaisselle, sèche-linge (circuits spécialisés)20 A2,5 mm²AC ou A
Lave-linge (circuit spécialisé)20 A2,5 mm²A obligatoire
Plaque de cuisson monophasée32 A6 mm²A obligatoire
Plaque de cuisson triphasée20 A2,5 mm²A obligatoire
Chauffe-eau électrique20 A2,5 mm²AC ou A
VMC / VMR, pilotage (fil pilote, délestage)2 A1,5 mm²AC ou A
Volets roulants16 A1,5 mm²AC ou A
Chauffage direct ≤ 3 500 W16 A1,5 mm²AC ou A
Chauffage direct ≤ 4 500 W20 A2,5 mm²AC ou A
Chauffage direct ≤ 5 750 W25 A4 mm²AC ou A
Chauffage direct ≤ 7 250 W32 A6 mm²AC ou A
Plancher chauffant ≤ 1 700 W16 A1,5 mm²AC ou A
Plancher chauffant ≤ 3 400 W20 A2,5 mm²AC ou A
Plancher chauffant ≤ 4 200 W32 A4 mm²AC ou A
Plancher chauffant ≤ 5 400 W40 A6 mm²AC ou A
Plancher chauffant ≤ 7 500 W50 A10 mm²AC ou A
Prise de recharge 16 A (IRVE)20 A2,5 mm²A ou F — dédié
Borne de recharge 32 A monophasée40 A10 mm²A — dédié
Borne de recharge 32 A triphasée40 A10 mm²B (F si 6 mA DC) — dédié
Pompe de piscine10 A2,5 mm²F

La ligne « plancher chauffant » suit la table spécifique de la norme, plus permissive que la table générale : le câble chauffant est noyé dans la dalle, qui le refroidit. C'est pourquoi un plancher de 4 200 W se protège en 32 A sur 4 mm², là où un circuit ordinaire en 4 mm² plafonne à 25 A. Ces valeurs valent pour des longueurs de circuit usuelles en résidentiel. Pour les liaisons longues, vérifiez la chute de tension et adaptez la section de câble en conséquence.

Circuits spécialisés et répartition dans le tableau

La norme exige des circuits spécialisés (un circuit par appareil, avec sa propre protection) pour le gros électroménager : plaque de cuisson, four, lave-linge, sèche-linge, lave-vaisselle, congélateur, chauffe-eau, ainsi que pour l'infrastructure de recharge de véhicule électrique (IRVE). Un minimum de 3 circuits spécialisés 16 A ou 20 A est requis dans un logement, en plus du circuit plaque de cuisson 32 A.

Au-delà du calibre, la répartition des circuits sous les différentiels obéit à une logique de continuité de service :

  • les circuits d'éclairage sont répartis sous au moins 2 différentiels, afin qu'un déclenchement ne plonge pas tout le logement dans le noir ;
  • les circuits de prises sont également répartis sous au moins 2 différentiels ;
  • il est recommandé de ne pas regrouper congélateur et circuits à déclenchements fréquents sous le même différentiel ;
  • chaque point de recharge de véhicule électrique dispose de son propre différentiel dédié.

Enfin, pensez à l'évolutivité : le tableau de répartition doit conserver 20 % d'emplacements libres après câblage, arrondis au module supérieur et calculés sur l'ensemble des appareils qui le composent. Sur un coffret 3 rangées de 13 modules, cela représente environ 8 modules disponibles pour de futurs circuits. Le bandeau « Réserve » de l'outil affiche en permanence le pourcentage atteint et ajoute une rangée dès qu'il passerait sous le seuil.

Comment ce calcul est vérifié

Le moteur de composition est couvert par une suite de 18 tests automatisés construite sur des références externes au moteur, et non sur ses propres sorties.

  • Le tableau calibre/section publié ci-dessus est asserté contre les constantes du moteur. Le test contient une transcription manuelle des couples calibre/section, couvrant les 29 types de circuit du catalogue — dont toutes les lignes affichées ici — et la compare à ce que l'outil utilise réellement. Si un jour l'un des deux dérivait, les tests échoueraient. Ces couples sont eux-mêmes recoupés avec les tables NF C 15-100 publiées par Nexans (applications et sections, circuits de chauffage).
  • La règle de l'aval est réécrite indépendamment dans le test — Σ 1×(chauffage, chauffe-eau, IRVE) + Σ 0,5×(autres) — puis comparée à la somme pondérée que le moteur affecte à chaque différentiel. Le test vérifie aussi que le calibre retenu est bien le plus petit calibre normalisé qui couvre cette somme, et que la gamme se limite à 40 A et 63 A.
  • L'exemple chiffré publié sur cette page est testé : chauffe-eau 20 A + prises 20 A + éclairage 16 A + four 20 A doit bien donner 48 A, donc un calibre 63 A. S'il dérivait, les tests échoueraient.
  • Chaque règle de la NF C 15-100-10 citée ici a son test : minimum 2 différentiels, au moins 1 de type A, jamais plus de 8 circuits par différentiel, jamais plus de 63 A de somme pondérée, éclairage et prises répartis sur deux différentiels distincts, point de recharge seul sous son différentiel dédié, et aucun circuit exigeant un type A placé sous un type AC. Deux cas de charge servent de test de résistance : 40 circuits d'éclairage (c'est la limite de 8 circuits qui doit trancher) et 12 circuits de chauffage 32 A (c'est le plafond de 63 A).
  • Indépendance amont/aval : changer le calibre du disjoncteur de branchement (30, 45 ou 60 A) ne modifie pas la répartition, puisqu'elle relève de la règle de l'aval. Le test le vérifie sur les trois calibres.
  • Entrées dégradées : un logement vide conserve le socle de 2 différentiels, sans NaN ni calibre fantaisiste ; une zone sans appareil ne produit pas de départ fantôme.

Cette mise sous test a fait apparaître quatre divergences réelles, corrigées depuis :

  1. le circuit lave-linge acceptait un différentiel de type AC, alors que la norme — et le texte de cette page — exigent un type A ;
  2. le gabarit de zone « Cuisine » pondérait le four à 1 quand le catalogue le pondère à 0,5 : le même appareil donnait deux calibres différents selon qu'il était ajouté par le gabarit ou individuellement ;
  3. les bornes de recharge 32 A (monophasée et triphasée) étaient regroupées avec les autres circuits au lieu de recevoir leur différentiel 30 mA dédié, contrairement à la NF C 15-100-7-722 ;
  4. un différentiel peu chargé sortait au calibre « 30 A », qui n'existe pas dans la gamme résidentielle — le minimum est 40 A. La confusion venait des 30 mA de sensibilité ; la fiche produit associée à ce libellé pointait d'ailleurs vers un appareil 40 A.

Références

  • NF C 15-100-10 (août 2024)Installations électriques à basse tension — Partie 10 : installations électriques à basse tension dans les bâtiments d'habitation. Partie de référence pour la composition du tableau de répartition d'un logement : nombre et type des dispositifs différentiels, nombre de circuits par différentiel, circuits spécialisés, calibres et sections.
  • NF C 15-100-1 (août 2024)Installations électriques à basse tension — Partie 1 : règles générales. Règles de protection, de sectionnement et de détermination des sections communes à toutes les installations.
  • NF C 15-100-7-722 (août 2024) — règles particulières pour l'alimentation des véhicules électriques : circuit spécialisé, dispositif différentiel 30 mA dédié à chaque point de charge, détection de courant continu résiduel.
  • NF C 15-100 (décembre 2002), complétée par la mise à jour de juin 2005 et les amendements A1 à A5 — version historique, annulée en août 2025. C'est d'elle que proviennent les références de paragraphe encore en circulation, notamment le § 771.558.2.2 sur la réserve de 20 % du tableau de répartition. Les tableaux qui circulent sous cette référence restent valables pour un chantier engagé avant septembre 2025.
  • Groupe AFNOR« Installations électriques à basse tension : la série NF C 15-100 est parue » : publication de la série de 21 normes le 21 août 2024, application obligatoire en septembre 2025. afnor.org
  • Promotelec« Publication de la série NF C 15-100 version 2024 » : période de coexistence des deux versions et critère de la version applicable. promotelec.com
  • Nexans Home« Tableau des applications et sections à utiliser selon NF C 15-100 » et « Tableau des circuits de chauffage selon NF C 15-100 » : source de recoupement des couples calibre/section utilisés par le catalogue de l'outil. home.nexans.fr
  • Legrand« Norme NF C 15-100 : suivez le guide » (espace professionnel) et fiche « Protéger les personnes avec des interrupteurs différentiels » : formulation des règles de l'amont et de l'aval, minimum de 2 différentiels, limite de 8 circuits. legrand.fr
  • CONSUEL — organisme délivrant l'attestation de conformité préalable à la mise sous tension d'une installation neuve ou entièrement rénovée. consuel.com

Les liens produits de la liste du matériel pointent vers le catalogue Legrand. Ce choix est arbitraire, aucun lien n'est sponsorisé, et les appareils équivalents des autres constructeurs conviennent tout autant.

Questions fréquentes