ÉlectricitéNF C 15-100-10

Règle de l'amont et de l'aval

Dimensionnement multi-différentiels selon la norme NF C 15-100 avec vérification automatique de conformité. Composez votre tableau complet et validez les règles NF C 15-100 en temps réel.

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Comprendre les règles de dimensionnement

Règle de l'Amont

Définit l'ampérage minimum du dispositif différentiel en fonction du disjoncteur général (AGCP ou encore appelé disjoncteur d'abonné) et des sources d'énergie additionnelles (panneaux solaires, bornes IRVE bidirectionnelles).

L'intensité de chaque interrupteur différentiel doit être supérieure ou égale au calibre du disjoncteur général. Si des sources d'énergie additionnelles sont présentes (photovoltaïque, etc.), elles s'ajoutent à l'intensité du général.

Protection du tableau principal
Règle de l'Aval

Sur une même rangée, l'intensité de l'interrupteur différentiel doit être supérieure ou égale à :

  • 1 × la somme des disjoncteurs chauffage, chauffe-eau et IRVE
  • + 0,5 × la somme des disjoncteurs des autres circuits
Protection des circuits en aval

Ces règles conditionnent la sécurité et la conformité de votre installation électrique au regard de la norme NF C 15-100. Un dimensionnement correct permet d'éviter :

  • Les risques de surchauffe et d'incendie
  • Les déclenchements intempestifs du différentiel
  • Les non-conformités lors du contrôle Consuel
Alimentation
Le disjoncteur de branchement et les sources additionnelles fixent le calibre minimal amont.
A

Panneaux solaires, IRVE bidirectionnelle, etc.

Calibre minimal — règle de l'amont
63A

Chaque interrupteur différentiel 30 mA du tableau doit avoir un calibre au moins égal à cette valeur (NF C 15-100-10, tableau 10-1G).

AGCP45 A
Total amont45 A

Composition du tableau

Ajoutez les circuits sur le rail de chaque rangée : la somme pondérée (×1 chauffage / chauffe-eau / IRVE, ×0,5 autres circuits) fixe le calibre aval ; le module affiche le calibre retenu, max des deux règles.

Rangée 10/8 circuits
Interdiff. 30 mAA
Rangée vide — ajoutez un premier circuit sur le rail.
Rangée 20/8 circuits
Interdiff. 30 mAA
Rangée vide — ajoutez un premier circuit sur le rail.

Comment calculer le calibre d'un interrupteur différentiel ?

Le calibre (intensité nominale In, en ampères) d'un interrupteur différentiel 30 mA se justifie par l'une des deux méthodes définies par la norme NF C 15-100. En pratique, la démarche la plus sûre (celle appliquée par cet outil) consiste à calculer les deux valeurs puis à retenir la plus élevée, arrondie au calibre commercial supérieur (25, 40, 63, 80, 100 ou 125 A).

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Règle de l'amont

L'intensité nominale du différentiel doit être supérieure ou égale au calibre du disjoncteur de branchement (AGCP), augmenté le cas échéant de l'intensité des sources d'énergie additionnelles raccordées à l'installation (production photovoltaïque, borne IRVE bidirectionnelle), une exigence introduite par la NF C 15-100-10 (tableau 10-1G).

Règle de l'amont

In I(AGCP) + I(sources additionnelles)

In : calibre de l'interrupteur différentiel (A) · I(AGCP) : réglage du disjoncteur de branchement (A) · I(sources) : courant assigné cumulé des sources de production locale (A)

Exemple : AGCP réglé à 45 A et onduleur photovoltaïque débitant 16 A : 45 + 16 = 61 A → calibre normalisé retenu : 63 A.

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Règle de l'aval

Pour chaque différentiel, on additionne les calibres des disjoncteurs divisionnaires placés en aval, avec un coefficient de pondération qui reflète la simultanéité des charges : ×1 pour les circuits de chauffage électrique, de chauffe-eau et de recharge de véhicule électrique (charges longues, non délestables), ×0,5 pour tous les autres circuits (éclairage, prises, électroménager, volets roulants…).

Règle de l'aval

In 1 × Σ(chauffage + chauffe-eau + IRVE) + 0,5 × Σ(autres circuits)

Σ : somme des calibres des disjoncteurs divisionnaires de la rangée (A) · le coefficient ×1 est réservé au chauffage, au chauffe-eau et à l'IRVE — le four et la plaque de cuisson restent à ×0,5

Exemple : une rangée regroupant un chauffe-eau (20 A), un radiateur (16 A), un circuit de 12 prises (20 A), un circuit d'éclairage (16 A) et des volets roulants (16 A) : 1 × (20 + 16) + 0,5 × (20 + 16 + 16) = 36 + 26 = 62 A → calibre normalisé retenu : 63 A.

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Calibre final retenu

La norme admet de justifier le calibre par l'une ou l'autre des deux règles. Retenir le maximum des deux résultats reste toutefois la pratique recommandée : un différentiel justifié uniquement par l'amont peut être traversé durablement par un courant supérieur à son calibre si la rangée cumule chauffage et chauffe-eau, ce qui provoque son vieillissement prématuré. C'est ce maximum que l'outil affiche pour chaque différentiel de votre tableau.

Calibre retenu

In (retenu) = max ( amont ; aval )

Le résultat est ensuite arrondi au calibre commercial immédiatement supérieur (25, 40, 63, 80, 100 ou 125 A).

Interrupteur différentiel ou disjoncteur différentiel ?

La règle de l'amont et de l'aval ne concerne que l'interrupteur différentiel. Les deux appareils sont pourtant souvent confondus, y compris dans les catalogues :

  • L'interrupteur différentiel (NF EN 61008) détecte les courants de fuite mais ne protège pas contre les surintensités. Il est placé en tête de rangée et doit lui-même être protégé en amont — d'où la nécessité de justifier son calibre par l'amont ou par l'aval. C'est le calibre que dimensionne cet outil : 25, 40, 63 A et au-delà.
  • Le disjoncteur différentiel (NF EN 61009) réunit dans un même module la détection de fuite et la protection magnéto-thermique. Son calibre n'est pas déduit de la règle de l'aval : c'est celui du circuit qu'il protège (16 A pour un éclairage, 20 A pour des prises, 32 A pour une plaque de cuisson), déterminé par la section du conducteur et la charge.

En résidentiel, la solution courante reste l'interrupteur différentiel de tête protégeant jusqu'à 8 disjoncteurs divisionnaires : elle coûte nettement moins cher qu'un disjoncteur différentiel par circuit. Le disjoncteur différentiel se réserve aux circuits que l'on veut isoler complètement — congélateur, borne de recharge, informatique. Pour dimensionner un disjoncteur divisionnaire, passez par Section de câble.

Calibre minimum selon l'abonnement

En appliquant la règle de l'amont seule (sans source additionnelle), le calibre minimum découle directement du réglage du disjoncteur de branchement :

Puissance souscrite (mono)Réglage AGCPCalibre différentiel courant
3 kVA15 A40 A
6 kVA30 A40 A
9 kVA45 A63 A minimum
12 kVA60 A63 A minimum

Le calibre 30 A n'existe pas au catalogue des interrupteurs différentiels : un AGCP réglé à 30 A impose donc un 40 A. Ce tableau donne le minimum imposé par l'amont : la règle de l'aval peut conduire à un calibre supérieur sur les rangées fortement chargées, même avec un abonnement 6 kVA.

Combien de disjoncteurs par interrupteur différentiel ?

Huit au maximum. La NF C 15-100 limite à 8 le nombre de disjoncteurs divisionnaires placés en aval d'un même interrupteur différentiel 30 mA. Cette règle a remplacé en 2015 l'ancien mode de calcul qui déduisait le nombre de différentiels de la seule surface du logement — un critère qui reflétait mal la taille réelle de l'installation.

Mais atteindre 8 circuits n'est presque jamais possible sans changer de calibre. Sur un abonnement 9 kVA, une rangée de 8 circuits dépasse les 63 A de l'amont dans 97,2 % des combinaisons du catalogue (mesure décrite plus bas) : le nombre de circuits est en pratique borné par la règle de l'aval bien avant de l'être par la limite des 8. Trois repères :

  • 2 différentiels minimum par logement, quelle que soit sa surface — pour garder une partie du logement alimentée quand l'un déclenche.
  • Visez 5 à 6 circuits par rangée plutôt que 8 : les emplacements libres accueilleront un futur radiateur, une prise ou une borne de recharge sans reprendre tout le tableau.
  • Les circuits dédiés ne comptent pas comme des circuits ordinaires : un point de charge IRVE réclame son propre DDR 30 mA (NF C 15-100-7-722), et le congélateur gagne à être isolé sur un type F.

Points de vigilance NF C 15-100

Ces règles complémentaires doivent être respectées en parallèle du calcul de calibre — l'outil les contrôle toutes les cinq :

  • Minimum 2 interrupteurs différentiels par installation résidentielle, quelle que soit la surface
  • Maximum 8 circuits par interrupteur différentiel
  • Au moins 1 interrupteur différentiel de type A (plaque de cuisson, lave-linge, IRVE)
  • Répartissez les circuits éclairage et prises sur au moins 2 différentiels distincts (continuité de service)
  • Isolez les circuits dédiés (congélateur en type F, point de charge IRVE sur son propre DDR 30 mA)
  • Testez mensuellement chaque différentiel par son bouton TEST — c'est le seul moyen de vérifier que le mécanisme de déclenchement n'est pas grippé

Comment ce calcul est vérifié

Le moteur de cet outil est couvert par une suite de 31 tests automatisésconstruite sur des références externes, et non sur ses propres sorties.

  • Les tableaux et exemples publiés sur cette page sont assertés contre le moteur. Le tableau abonnement/calibre (3, 6, 9 et 12 kVA), l'exemple de l'amont (45 + 16 = 61 A → 63 A) et celui de l'aval (36 + 26 = 62 A → 63 A) sont repris ligne à ligne dans les tests et comparés à ce que l'outil calcule réellement. Si un chiffre affiché divergeait un jour du moteur, les tests échoueraient.
  • La règle de l'aval est réécrite indépendamment du moteur — la formule 1 × Σ(chauffage, chauffe-eau, IRVE) + 0,5 × Σ(autres) est recalculée hors du code testé, puis comparée à sa sortie sur les 512 rangées de 3 circuits formées à partir d'un échantillon de 8 types de circuits. Aucun écart.
  • Chaque règle NF C 15-100 énoncée sur cette page a son test de conformité : 2 différentiels minimum (une rangée vide ne compte pas), 8 circuits maximum testé à la limite exacte (8 passe, 9 échoue), éclairage réparti sur au moins 2 différentiels sans fausse alerte quand il n'y a aucun éclairage, isolement des circuits dédiés, et présence d'au moins un type A.
  • Le type AC n'est jamais compté comme un type A. Le contrôle « au moins 1 différentiel de type A » compare des jetons entiers, et non des sous-chaînes : une installation entièrement en type AC est signalée non conforme.
  • Entrées dégradées : champ vide, valeur nulle, négative ou non numérique ne produisent ni NaN ni calibre hors catalogue ; un différentiel sans circuit renvoie null plutôt qu'une rangée à zéro ; et un tableau vide n'est jamais déclaré conforme.

Références

  • NF C 15-100-10 (août 2024)Installations électriques à basse tension — Partie 10 : locaux d'habitation. Source des règles de composition du tableau résidentiel (nombre minimal de DDR 30 mA, limite de 8 circuits, répartition de l'éclairage et des prises, types A/AC/F imposés) et du tableau 10-1G, qui fait entrer les sources de production locale dans la détermination du courant assigné des dispositifs différentiels.
  • Série NF C 15-100 (23 août 2024) — publiée par l'AFNOR, elle remplace l'édition unique de décembre 2002 et ses amendements A1 à A5 par une série de normes indépendantes. Elle s'applique obligatoirement aux projets dont la date administrative (signature du contrat, dépôt du permis de construire ou de la déclaration préalable) est postérieure au 31 août 2025. Annonce de la FFIE (6 septembre 2024).
  • NF C 15-100-7-722Alimentation des véhicules électriques. Impose un circuit spécialisé et un DDR 30 mA individuel par point de charge, de type A ou F en monophasé, de type B en triphasé sauf si la borne intègre la détection de courant de fuite continu 6 mA. Seule référence applicable aux IRVE depuis le 1er septembre 2025.
  • NF EN 62423 (20 avril 2013) Interrupteurs automatiques à courant différentiel résiduel de type B et de type F. Définit les types F et B en complément du type A des NF EN 61008-2-1 / 61009-2-1. C'est cette norme qui fonde la hiérarchie de couverture appliquée par l'outil : un type F peut se substituer à un type A ou AC, l'inverse est faux.
  • Guide Legrand — NF C 15-100, révision du 23 août 2024, points clés & solutions (octobre 2024, PDF, 23 pages) et le guide en ligne du même éditeur. Documentation constructeur, utile pour la mise en œuvre — elle ne se substitue pas au texte normatif, qui reste la seule référence opposable.
  • Note sur la numérotation des articles : plusieurs sites attribuent la règle de l'aval à un « article 536.4 » de la NF C 15-100. Nous ne reprenons pas cette référence, faute d'avoir pu la vérifier dans l'édition d'août 2024, dont la renumérotation complète rend caduques les références de l'édition 2002. Les coefficients ×1 et ×0,5 énoncés ici sont en revanche concordants dans l'ensemble de la documentation constructeur consultée (Legrand, Hager, Schneider).

Questions fréquentes