Fluides

MEG 30 % — eau glycolée : densité, Cp, viscosité

Monoéthylène glycol à 30 % en volume — masse volumique, chaleur massique, viscosité, conductivité et pression de vapeur de −10 à 175 °C.

Recherche par température
°C

Valeurs disponibles : −10 à 175 °C (multiples de 5).

Résultats à 20 °CTable
Masse volumique1046kg/m³
Chaleur spécifique3672J/kg·K0.877kcal/kg·°C
Viscosité dynamique0.00234194Pa·s8.431kg/m·h
Conductivité thermique0.48W/m·K0.413kcal/h·m·°C
Pression de vapeur2081Pa (abs)
Tableau completPropriétés du monoéthylène glycol (MEG) à 30 % en volume38 points · −10175 °C
Température θtemperatureMasse volum. ρdensityChaleur spécifique Cpspecific heatViscosité dynamique μdynamic viscosityConductivité therm. λthermal conductivityPression de vapeur Psvapor pressure
°Ckg/m³J/kg·Kkcal/kg·°CPa·skg/m·hW/m·Kkcal/h·m·°CPa (abs)bar (rel)
-10105736110.8630.0071966725.9080.4640.399254
-5105636200.8650.0057580620.7290.4670.402374
0105436290.8670.0046811116.8520.470.405543
5105236390.8690.0038616713.9020.4730.407775
10105036500.8720.0032291711.6250.4760.4091092
15104836610.8750.002734179.8430.4780.4111517
20104636720.8770.002341948.4310.480.4132081
25104436840.880.00202757.2990.4820.4152821-0.99
30104236960.8830.00177256.3810.4840.4163780-0.98
35104037080.8860.001563895.630.4860.4185011-0.96
40103737210.8890.001391675.010.4870.4196574-0.95
45103537330.8920.001248064.4930.4890.428541-0.93
50103237460.8950.00112754.0590.490.42110995-0.9
55103037590.8980.001025563.6920.4910.42214031-0.87
60102737720.9010.0009388893.380.4920.42317755-0.84
65102537850.9040.0008644443.1120.4930.42422290-0.79
70102237980.9070.0008002782.8810.4940.42527772-0.74
75102038110.9110.0007447222.6810.4950.42634353-0.67
80101738240.9140.0006963892.5070.4960.42642203-0.59
85101538370.9170.0006541672.3550.4960.42751508-0.5
90101238500.920.0006169442.2210.4970.42762472-0.39
95100938630.9230.0005841672.1030.4970.42875318-0.26
100100738760.9260.0005552781.9990.4980.42890290-0.11
105100438880.9290.0005294441.9060.4980.4291076490.06
110100239010.9320.0005066671.8240.4990.4291276770.26
11599939140.9350.0004861111.750.4990.4291506780.49
12099739260.9380.0004677781.6840.4990.431769750.76
12599439390.9410.0004513891.6250.50.432069131.06
13099239510.9440.0004366671.5720.50.432408581.4
13598939630.9470.0004233331.5240.50.432791981.78
14098739750.950.0004113891.4810.50.433223412.21
14598439870.9530.0004005561.4420.50.433707172.69
15098239990.9550.0003908331.4070.5010.4314247763.23
15597940110.9580.0003819441.3750.5010.4314849933.84
16097740230.9610.0003741671.3470.5010.4315518594.51
16597540340.9640.0003669441.3210.5010.4316258895.25
17097240460.9670.0003602781.2970.5010.4317076186.06
17597040570.9690.0003544441.2760.5010.4317976016.96

Masse volumique, chaleur massique, viscosité dynamique, conductivité thermique et pression de vapeur du monoéthylène glycol à 30 % en volume dans l'eau, tabulées de −10 à 175 °C — l'eau glycolée de référence des circuits de chauffage, de rafraîchissement et des boucles solaires ou géothermiques.

Mis à jour le

Qu'est-ce que le MEG 30 % ?

Le monoéthylène glycol (MEG, 1,2-éthanediol, CAS 107-21-1) est le principal antigel des circuits fermés de génie climatique. Mélangé à l'eau — on parle alors d'eau glycolée — il abaisse le point de congélation et relève le point d'ébullition du fluide caloporteur.

Le 30 % s'entend en volume, convention des fiches techniques de fluides et des réfractomètres de chantier : 30 litres de glycol pur pour 70 litres d'eau. Comme le glycol pur est plus dense que l'eau (1113 contre 998 kg/m³ à 20 °C), cela représente 32,3 % en masse — un écart faible mais qu'il ne faut pas confondre, sous peine de se tromper d'environ un degré sur la protection annoncée.

C'est la concentration la plus répandue en France, parce qu'elle couvre l'essentiel des besoins :

  • boucles de pompe à chaleur géothermique et capteurs enterrés ;
  • circuits solaires thermiques et unités extérieures de PAC air/eau ;
  • réseaux de rafraîchissement et circuits de refroidissement industriels ;
  • aérothermes et antennes de chauffage traversant des locaux hors gel.

Protection antigel : quel pourcentage de glycol ?

La dépression du point de congélation croît avec la concentration, mais pas proportionnellement — elle s'accélère au-delà de 35 %. Voici les valeurs couramment publiées pour le monoéthylène glycol.

MEG (% en volume)Point de congélation
25 %−12 °C
30 % — cette table−16 °C
35 %−21 °C
40 %−26 °C
45 %−32 °C
50 %−38 °C

Trois précautions de lecture.

  • Ces valeurs sont celles du glycol en solution. Les fluides du commerce contiennent des inhibiteurs de corrosion qui déplacent le point de quelques dixièmes de degré : la fiche technique du produit fait foi. Pour un mélange à 30 %, les fabricants annoncent le plus souvent −15 °C.
  • La protection contre la prise en glace n'est pas la protection contre l'éclatement des tubes. Sous le point indiqué, le mélange forme d'abord une bouillie de cristaux encore pompable sur quelques degrés avant de figer réellement.
  • Surdoser coûte cher en performance : chaque point de glycol supplémentaire abaisse la chaleur massique et la conductivité, et alourdit la viscosité à froid. Descendre sous 25 % fait en revanche perdre la protection anticorrosion recherchée en circuit fermé.

Les cinq grandeurs de la table

Toutes les valeurs sont données pour du monoéthylène glycol à 30 % en volume dans l'eau. La température est le seul paramètre d'entrée, de −10 à 175 °C par pas de 5 °C. Les valeurs citées ci-dessous sont celles de la ligne 20 °C.

  • Masse volumique ρ (kg/m³) — 1046 kg/m³ à 20 °C, soit une densité de 1,046. Elle décroît régulièrement avec la température, de 1057 kg/m³ à −10 °C jusqu'à 970 kg/m³ à 175 °C. C'est elle qui convertit un débit volumique en débit massique.
  • Chaleur massique Cp (J/kg·K) — 3672 J/kg·K, soit 3,672 kJ/kg·K ou 0,877 kcal/kg·°C. Contrairement à l'eau, dont le Cp est quasi constant, celui du mélange croît nettement avec la température : de 3611 J/kg·K à −10 °C à 4057 J/kg·K à 175 °C.
  • Viscosité dynamique μ (Pa·s) — 0,00234 Pa·s, soit 2,342 mPa·s ou 2,342 cP. La viscosité cinématique correspondante vaut ν = μ/ρ = 2,24 mm²/s (2,24 cSt). C'est la grandeur la plus sensible à la température : elle est divisée par 20,3 entre −10 et 175 °C.
  • Conductivité thermique λ (W/m·K) — 0,480 W/m·K, soit 0,413 kcal/h·m·°C. Elle croît lentement avec la température et conditionne le coefficient d'échange d'un échangeur ou d'une batterie.
  • Pression de vapeur Ps (Pa abs.) — 2081 Pa. La colonne relative, exprimée en bar par rapport à l'atmosphère normale (1,01325 bar), reste négative jusqu'à 100 °C et devient positive à partir de 105 °C : c'est là que le mélange bouillirait à l'air libre.

Ce que le glycol change par rapport à l'eau

Les quatre grandeurs qui comptent évoluent toutes dans le sens défavorable, mais pas dans les mêmes proportions — et l'écart qui compte n'est pas toujours celui qu'on croit.

1

Le débit à majorer : +8,7 %, pas +12 %

À 20 °C, la chaleur massique du MEG 30 % est inférieure de 12,2 % à celle de l'eau. Mais le débit nécessaire pour transporter une puissance donnée dépend du produit ρ × Cp, et la masse volumique du mélange est supérieure de 4,8 % : elle récupère environ un tiers du déficit. La majoration réelle est de +8,7 % à 20 °C, et elle décroît avec la température — +7,5 % à 40 °C, +6,2 % à 60 °C, +4,8 % à 80 °C.

Débit volumique d'un circuit glycolé

qv = 3600 × P / (ρ × Cp × ΔT)

qv : débit volumique (m³/h) · P : puissance transportée (kW) · ρ : masse volumique du mélange à la température de service (kg/m³) · Cp : chaleur massique (kJ/kg·K) · ΔT : écart départ/retour (K). À 20 °C, ρ·Cp vaut 3841 kJ/m³·K pour le MEG 30 % contre 4175 pour l'eau.

2

Les pertes de charge : le vrai poste, et il se joue à froid

À 20 °C, le mélange est 2,3 fois plus visqueux que l'eau. Et cet écart explose au froid : la viscosité du MEG 30 % est multipliée par 3,07 entre 20 et −10 °C (2,342 → 7,197 mPa·s). Le point de fonctionnement qui dimensionne le circulateur d'une boucle géothermique ou d'un capteur solaire n'est donc pas le régime nominal, mais le démarrage à froid — c'est là que le réseau résiste le plus.

Nombre de Reynolds

Re = v × D / ν

Re : sans dimension · v : vitesse moyenne (m/s) · D : diamètre intérieur (m) · ν = μ/ρ : viscosité cinématique (m²/s), soit 2,24 × 10⁻⁶ m²/s à 20 °C contre 1,00 × 10⁻⁶ pour l'eau. À vitesse et diamètre égaux, le Reynolds du mélange est donc 2,2 fois plus faible.

3

L'échange thermique : −20 % de conductivité

À 20 °C, la conductivité thermique du mélange vaut 0,480 W/m·K contre 0,598 W/m·K pour l'eau, soit 19,7 % de moins. Combinée à la viscosité plus élevée — qui dégrade le coefficient d'échange côté fluide — elle impose de sélectionner échangeurs, batteries et émetteurs sur les propriétés réelles du mélange, jamais sur celles de l'eau. Les fabricants publient pour cela des coefficients de correction par concentration et par température.

4

La dilatation : à reprendre au vase d'expansion

Entre le remplissage à froid et le régime de service, l'eau glycolée se dilate comme l'eau : la masse volumique passe de 1057 kg/m³ à −10 °C à 1027 kg/m³ à 60 °C, soit près de 3 % de volume supplémentaire. Ce volume doit être absorbé par le vase d'expansion, dimensionné sur la plage réelle de température du circuit — et non sur la plage de l'eau, puisque le mélange descend en négatif.

MEG ou MPG : une décision de froid, puis de toxicité

À concentration égale, le monoéthylène glycol est le meilleur caloporteur des deux — mais la comparaison n'est franche qu'aux basses températures, celles pour lesquelles on met du glycol.

  • À −10 °C, le MPG 30 % est 1,68 fois plus visqueux que le MEG 30 %. Le rapport tombe à 1,26 à 20 °C, puis les deux fluides se valent : au-delà de 70 °C, la table MPG passe même légèrement en dessous. L'avantage du MEG est donc un avantage de froid, et il se paie sur le circulateur d'une boucle géothermique bien plus que sur un circuit de chauffage.
  • Le MEG conduit mieux la chaleur jusqu'à 50 °C. Au-delà, les deux tables se croisent et l'écart s'inverse : sur un circuit chaud, la conductivité ne départage plus les deux familles.
  • La toxicité tranche le reste. L'éthylène-glycol est classé nocif par ingestion et toxique pour la reproduction (INRS, fiche toxicologique n° 25, août 2023). Le monopropylène glycol est admis au contact alimentaire. Dès qu'un échangeur peut mettre le fluide en relation avec de l'eau potable, un process agroalimentaire ou un bassin, c'est le MPG qui s'impose.

Contrôler la concentration en service

La concentration se vérifie au réfractomètre, gradué pour le glycol employé — une échelle MPG lue sur un mélange MEG donne un résultat faux. Un densimètre convient également, la masse volumique du mélange étant une fonction monotone de la concentration : c'est précisément ce que la colonne ρ de cette table permet de faire, en lisant à l'envers la densité mesurée à température connue.

Le contrôle ne s'arrête pas là. Ce qui met fin à la vie d'un mélange n'est presque jamais la disparition du glycol, mais l'épuisement des inhibiteurs de corrosion : le fluide s'acidifie et attaque les métaux du circuit. Le pH et la réserve d'alcalinité font donc partie du contrôle périodique, au même titre que la concentration. Au-delà de 120 à 140 °C selon les formulations — un régime que connaissent les capteurs solaires en stagnation — la dégradation s'accélère nettement.

Comment ces valeurs sont vérifiées

La table est couverte par une suite de 24 tests automatisés. Le principe : elle est comparée à des références externes réimplémentées indépendamment dans le fichier de test — jamais à ses propres sorties. Les écarts ci-dessous sont ceux que les tests mesurent réellement.

  • Pression de vapeur — loi de Raoult et IAPWS-IF97. C'est le contrôle le plus complet. La fraction molaire d'eau du mélange (0,878) est recalculée à partir des seules masses molaires et masses volumiques des corps purs, puis multipliée par la pression de saturation de l'eau pure donnée par l'équation de la région 4 d'IAPWS-IF97, réécrite avec ses dix coefficients. Sur les 36 lignes de 0 à 175 °C, la table se tient entre +1,14 % et +1,77 % de cette référence. C'est la constance de ce biais sur plus de 175 kelvins, bien plus que sa valeur, qui exclut une erreur de modèle ou d'unité.
  • Conversions d'unités — définitions exactes. Chaque colonne secondaire doit être la conversion de la colonne principale : 1 kcal = 4186,8 J, 1 kcal/(h·m·°C) = 1,163 W/(m·K), 1 Pa·s = 3600 kg/(m·h), et la pression relative doit valoir la pression absolue moins 1,01325 bar. Les 38 lignes passent : l'écart maximal est de 7,6·10⁻⁴ kcal/kg·°C sur le Cp et 9,4·10⁻⁴ kcal/h·m·°C sur λ, soit moins d'une unité du dernier chiffre affiché. C'est le contrôle qui attrape une coquille de saisie.
  • Cohérence avec les tables voisines du site. À chaque température commune, l'ordre eau → MEG 30 % → MEG 35 % → MEG 40 % doit être respecté sur les quatre grandeurs : ρ et μ croissants, Cp et λ décroissants. Quatre tables indépendantes servent ainsi de contrôle croisé — une erreur de saisie sur une ligne casse cet ordre.
  • Comportements physiques et structure. Les tests imposent la couverture complète −10 à 175 °C de 5 en 5 sans trou ni doublon, la décroissance stricte de ρ et μ, la croissance stricte de Cp et Ps, la croissance de λ, et le fait que la pression de vapeur du mélange reste sous celle de l'eau pure à toute température.

Références

  • IAPWS R7-97(2012)Revised Release on the IAPWS Industrial Formulation 1997 for the Thermodynamic Properties of Water and Steam, International Association for the Properties of Water and Steam (révision du 29 mai 2018). Sa région 4 fournit l'équation de saturation de l'eau pure utilisée comme étalon de la colonne pression de vapeur.
  • NIST Chemistry WebBook, SRD 691,2-Ethanediol, National Institute of Standards and Technology. Fiche de référence du corps pur : formule C₂H₆O₂, CAS 107-21-1, masse molaire 62,068 g/mol — la valeur utilisée pour calculer la fraction molaire du mélange. webbook.nist.gov
  • INRS — Fiche toxicologique n° 25, « Éthylène-glycol » (mise à jour août 2023). Institut national de recherche et de sécurité. Classification et précautions d'emploi de l'éthylène-glycol (CAS 107-21-1) ; c'est la source du critère de toxicité qui départage MEG et MPG. inrs.fr
  • CRC Handbook of Chemistry and Physics — propriétés des corps purs à 20 °C employées comme étalons de mélange : éthylène glycol (ρ 1113 kg/m³, Cp 2385 J/kg·K, λ 0,252 W/m·K, μ 20,9 mPa·s) et eau (998,2 kg/m³, 4182 J/kg·K, 0,598 W/m·K, 1,002 mPa·s).
  • Celsius ProcessCaractéristiques physiques des fluides thermiques, fiche « MEG 30 % » (PDF mis en ligne en janvier 2020). Table constructeur au même format que celle-ci, utile pour recouper une ligne. Le document est un PDF image : il se lit à l'écran, mais son contenu n'est pas extractible automatiquement.
  • ABC ClimEthylène (PEG) et Monopropylène glycol (PG), mise à jour du 21 janvier 2025. Source du tableau de points de congélation par concentration reproduit plus haut.

Questions fréquentes

À 20 °C, la masse volumique du monoéthylène glycol à 30 % en volume vaut 1046 kg/m³ : un mètre cube d'eau glycolée pèse 1046 kg, soit 48 kg de plus que le même volume d'eau pure. Comme tous les liquides, le mélange se dilate en chauffant — 1057 kg/m³ à −10 °C, 1037 kg/m³ à 40 °C, 1027 kg/m³ à 60 °C et 970 kg/m³ à 175 °C. Le glycol est plus dense que l'eau (1113 kg/m³ pour le produit pur à 20 °C) : ajouter du glycol augmente donc la masse volumique du mélange, contrairement à ce que l'intuition suggère parfois. En densité (rapport sans unité à l'eau à 4 °C), 1046 kg/m³ se lit 1,046. C'est cette valeur, et non 1000, qu'il faut utiliser pour convertir un débit volumique en débit massique sur un circuit glycolé.

La chaleur massique du MEG 30 % vaut 3672 J/kg·K à 20 °C, soit 3,672 kJ/kg·K ou 0,877 kcal/kg·°C. Elle augmente régulièrement avec la température : 3611 J/kg·K à −10 °C, 3629 à 0 °C, 3721 à 40 °C, 3772 à 60 °C et 3850 à 90 °C. C'est 12,2 % de moins que l'eau pure à la même température (4182 J/kg·K à 20 °C) : à masse égale, l'eau glycolée transporte moins d'énergie. Mais attention au raccourci — ce qui compte dans un circuit, c'est le produit ρ × Cp, et la masse volumique plus élevée du mélange en récupère une partie. La majoration de débit réellement à appliquer n'est que de 8,7 % à 20 °C, et elle retombe à 4,8 % à 80 °C.

Un mélange à 30 % de monoéthylène glycol en volume protège de la prise en glace jusqu'aux alentours de −15 à −16 °C. La valeur exacte dépend de la formulation : les fluides du commerce contiennent des inhibiteurs de corrosion qui déplacent légèrement le point de congélation, et la fiche technique du produit fait foi. Les concentrations voisines donnent −12 °C à 25 %, −21 °C à 35 %, −26 °C à 40 % et −38 °C à 50 %. Surdoser n'est pas neutre : chaque point de glycol supplémentaire dégrade la chaleur massique et la conductivité, et augmente la viscosité à froid. À l'inverse, descendre sous 25 % fait perdre la protection anticorrosion recherchée en circuit fermé. Notez que la protection contre la prise en glace n'est pas la protection contre l'éclatement : entre les deux, le mélange forme une bouillie de cristaux encore pompable sur quelques degrés.

Le monoéthylène glycol (MEG) est le meilleur caloporteur des deux, et l'écart se joue à froid. À −10 °C, le MPG 30 % est 1,68 fois plus visqueux que le MEG 30 % ; à 20 °C le rapport n'est plus que de 1,26, et au-delà de 70 °C les deux fluides se valent. Le choix du MEG se justifie donc sur les circuits qui travaillent en négatif : boucles géothermiques, capteurs solaires en hiver, unités extérieures de pompe à chaleur, chambres froides. Le MPG se choisit pour une raison qui n'est pas thermique : sa toxicité. L'éthylène-glycol est classé toxique pour la reproduction et nocif par ingestion (INRS, fiche toxicologique n° 25). Le monopropylène glycol, lui, est admis au contact alimentaire. Dès qu'un échangeur peut mettre le fluide en relation avec de l'eau potable, un process agroalimentaire ou une piscine, c'est le MPG qui s'impose, quitte à accepter un circulateur plus généreux.

Pour transporter la même puissance avec le même écart de température, un circuit au MEG 30 % demande 8,7 % de débit en plus qu'un circuit à l'eau à 20 °C, 7,5 % à 40 °C, 6,2 % à 60 °C et 4,8 % à 80 °C. La majoration diminue quand la température monte, parce que le Cp du mélange se rapproche de celui de l'eau. Ce chiffre est plus faible que le déficit de chaleur massique (12 %) parce que le débit dépend du produit ρ × Cp et non du seul Cp : le mélange est plus dense, ce qui compense environ un tiers de l'écart. C'est le débit qu'il faut ensuite reporter sur la courbe du circulateur — sans oublier que les pertes de charge, elles, augmentent davantage, la viscosité du mélange valant 2,3 fois celle de l'eau à 20 °C.

Cette table est établie pour 30 % en volume, la convention des fiches techniques de fluides caloporteurs et des réfractomètres de chantier. Comme le glycol pur est plus dense que l'eau, 30 % en volume correspond à 32,3 % en masse : l'écart est faible mais réel, et confondre les deux revient à se tromper d'environ un degré sur la protection annoncée. Sur une installation en service, la concentration se contrôle au réfractomètre — l'appareil doit être gradué pour le bon glycol, une échelle MPG lue sur un mélange MEG donnant un résultat faux. Le contrôle porte aussi sur le pH et la réserve d'alcalinité : c'est l'épuisement des inhibiteurs, pas la disparition du glycol, qui met fin à la vie d'un mélange.

Non : le glycol abaisse la pression de vapeur du mélange, donc relève son point d'ébullition. À 100 °C, la pression de vapeur du MEG 30 % n'est que de 90 290 Pa, encore sous l'atmosphère. Il faut atteindre 105 °C pour que la table passe au-dessus de 101 325 Pa — c'est là que le mélange bouillirait à l'air libre. En pratique, la colonne de pression de vapeur sert surtout à deux choses : vérifier la pression de service minimale d'un circuit chaud, et le NPSH disponible à l'aspiration du circulateur. À 175 °C, la pression de vapeur atteint 797 601 Pa, soit près de 7 bar relatifs : un circuit solaire en stagnation doit être tenu bien au-dessus, sous peine de cavitation.

Ressources et liens utiles