Section de câble industriel

Dimensionnez vos câbles BT en industrie et tertiaire selon la méthode NF C 15-100 / UTE C 15-105 : courant admissible, facteurs de correction, pose enterrée, chute de tension et court-circuit. Outil 100 % gratuit.

La méthode de dimensionnement NF C 15-100 / UTE C 15-105

Contrairement au résidentiel, où la norme prescrit directement les sections par type de circuit (voir notre calculateur de section résidentiel NF C 15-100), les installations industrielles et tertiaires exigent un calcul complet du courant admissible, codifié par la partie 5-52 de la NF C 15-100 et le guide pratique UTE C 15-105 (équivalents IEC 60364-5-52). C'est la méthode qu'applique ce calculateur, l'analogue européen du dimensionnement AS/NZS 3008 utilisé en Océanie.

Le principe : un câble est correctement dimensionné si son courant admissible Iz, corrigé des conditions réelles d'installation, couvre le calibre de la protection qui le surveille — et si la chute de tension et la tenue au court-circuit restent acceptables.

Iz requis =
k₃ × Inf₀ × f₁ × f₂ × …
avec In ≥ I_B et k₃ = 1 (disjoncteur) ou 1,10 à 1,45 (fusibles gG)

Les lettres de sélection (méthodes de référence)

La cinquantaine de modes de pose de la norme se ramène à cinq méthodes de référence aux conditions de refroidissement équivalentes. La lettre détermine la colonne à lire dans le tableau des courants admissibles (tableau 52H à l'air libre, 52J enterré) :

LettreModes de pose typiquesExemple (Cu PR triphasé, 25 mm²)
BConduits, goulottes, moulures, vides de construction101 A
CCâbles fixés au mur ou au plafond, tablettes non perforées119 A
ECâbles multiconducteurs sur chemins de câbles perforés, échelles127 A
FCâbles monoconducteurs à l'air libre138 A
DCanalisations enterrées, directement ou sous fourreau144 A

Les facteurs de correction

Les tableaux de la norme valent pour 30 °C à l'air (20 °C dans le sol), un circuit seul et une pose non jointive. Toute autre situation se corrige par des facteurs multiplicatifs :

  • Mode de pose (f₀/K1) — 0,70 à 0,77 pour un conduit noyé dans une paroi isolante, 0,90 en goulotte, 0,95 au plafond ou en vide de construction, 0,80 pour un fourreau enterré ;
  • Groupement (f₂/K2) — le facteur le plus souvent oublié : 9 circuits jointifs en conduit divisent le courant admissible par deux (0,50) ; sur chemin de câbles perforé, 4 circuits valent déjà 0,77 ; une pose en plusieurs couches ajoute encore 0,80 à 0,68 ;
  • Température (f₁/K3) — à 40 °C ambiants : 0,87 (PVC) ou 0,91 (PR) ; à 50 °C : 0,71 ou 0,82 ;
  • Enterré — température du sol, et résistivité thermique : un sol très sec (cendres, mâchefer) coûte jusqu'à −35 % (0,65), un sol humide gagne +13 % (1,13) ;
  • Facteurs complémentaires — neutre chargé par les harmoniques de rang 3 (0,84), locaux à risque d'explosion BE3 (0,85), câbles exposés au soleil (0,85), pose non symétrique de câbles en parallèle (0,80).

Protection : les trois conditions de la norme

La protection contre les surcharges impose IB ≤ In ≤ Iz et I₂ ≤ 1,45 × Iz (I₂ : courant conventionnel de fonctionnement). Avec un disjoncteur, I₂ = 1,45 × In et la troisième condition est automatiquement satisfaite. Avec des fusibles gG, elle impose une marge supplémentaire que le calculateur intègre via le coefficient k₃ : Iz ≥ 1,10 × In (calibres ≥ 16 A), 1,31 × In (calibres < 16 A) ou 1,45 × In (calibres ≤ 4 A).

Chute de tension et court-circuit : les deux autres garde-fous

Sur les grandes longueurs industrielles, c'est souvent la chute de tension (3 à 8 % selon l'usage et l'origine de l'installation, NF C 15-100 Tableau 6.4) qui impose la section, avant même l'échauffement : le calculateur l'évalue pour chaque section avec la formule UTE C 15-105 et fait monter la section minimale en conséquence. Pour une étude fine (démarrage moteur, courant continu…), utilisez notre calculateur de chute de tension.

Enfin, en cas de court-circuit, le câble doit absorber l'énergie de défaut sans dépasser la température limite de son isolant : c'est la contrainte thermique S ≥ Icc × √t / k (k = 115 pour Cu/PVC, 143 pour Cu/PR, 76 et 94 pour l'aluminium). Renseignez le courant de court-circuit dans les paramètres avancés pour activer cette vérification.

Questions fréquentes

Comment calculer la section d'un câble en milieu industriel ?

La méthode NF C 15-100 / UTE C 15-105 procède en cinq étapes : 1) déterminer le courant d'emploi IB du circuit ; 2) choisir la protection (disjoncteur ou fusibles gG) de calibre In ≥ IB ; 3) calculer le facteur global de correction f, produit des facteurs de mode de pose, de température, de groupement de circuits (et de nature du sol en pose enterrée) ; 4) en déduire le courant que doit admettre le câble dans les conditions de référence, I'z = k3 × In / f, et lire la section dans le tableau des courants admissibles (52H à l'air, 52J enterré) pour la méthode de référence (lettre B, C, E, F ou D) et l'isolant (PVC ou PR) ; 5) vérifier la chute de tension et, le cas échéant, la contrainte thermique de court-circuit.

Qu'est-ce que la lettre de sélection (méthode de référence) ?

Chaque mode de pose est rattaché à une méthode de référence aux conditions de refroidissement équivalentes : B pour les conducteurs et câbles enfermés (conduits, goulottes, vides de construction), C pour les câbles plaqués contre une paroi (mur, plafond, tablette non perforée), E pour les câbles multiconducteurs à l'air libre (chemins de câbles perforés, échelles), F pour les câbles monoconducteurs à l'air libre, et D pour les canalisations enterrées. La lettre détermine la colonne du tableau des courants admissibles.

À quoi servent les facteurs de correction K1, K2, K3 ?

Les tableaux de courants admissibles sont établis pour des conditions de référence (30 °C à l'air, 20 °C dans le sol, circuit seul, pose non jointive). K1 (mode de pose) corrige l'effet d'un conduit encastré ou d'une goulotte ; K2 (groupement) tient compte de l'échauffement mutuel des circuits jointifs — jusqu'à −50 % pour 9 circuits en conduit ; K3 (température) corrige l'écart à la température de référence selon l'isolant. En pose enterrée s'ajoutent la température du sol et sa résistivité thermique. Le facteur global est le produit de tous les facteurs applicables, complété le cas échéant par 0,84 pour neutre chargé ou 0,85 pour locaux à risque d'explosion.

Quelle différence entre un isolant PVC et PR (XLPE) ?

Le PVC supporte 70 °C en service permanent, le polyéthylène réticulé PR/XLPE (câbles U1000 R2V, par exemple) supporte 90 °C : à section égale, un câble PR admet environ 10 à 15 % de courant en plus, et sa tenue au court-circuit est meilleure (k = 143 contre 115 pour une âme cuivre). Au-delà de 60 °C ambiants, le PVC est interdit.

Quand faut-il mettre des câbles en parallèle ?

Lorsque le courant d'emploi dépasse ce qu'admet la plus grosse section pratique (couramment 240 ou 300 mm²), on pose plusieurs câbles identiques par phase. Le courant admissible est multiplié par le nombre de câbles, à condition d'une pose symétrique (même longueur, même section, même cheminement) — sinon la norme impose un facteur de 0,8. Attention : chaque câble du groupe compte dans le facteur de groupement K2.

La section calculée vaut-elle pour une installation résidentielle ?

Non. Pour les locaux d'habitation, la NF C 15-100 impose directement des sections prescriptives par nature de circuit (1,5 mm² pour l'éclairage, 2,5 mm² pour les prises, 6 mm² pour la cuisson…) sans calcul : utilisez dans ce cas notre calculateur de section résidentiel. La méthode de calcul présentée ici s'applique aux installations industrielles et tertiaires.

Références & Ressources