ÉlectricitéNF C 15-100 · NF EN 60909-0

Calcul du courant de court-circuit Icc et du pouvoir de coupure

Calculez l'Icc triphasé maximal à chaque tableau de votre installation (transformateur HTA/BT ou Icc connu à l'origine, liaisons en cascade) : impédances cumulées, courant de crête et pouvoir de coupure recommandé des disjoncteurs.

Mis à jour le

Exemples :
Source
Schéma unifilaire de la cascade3 tableaux · de l'origine au point le plus aval
Icc triphasé maximal à chaque tableau — cliquez un tableau pour modifier sa liaison.Schéma de principe, non à l'échelle
Paramètres du réseau
Transformateur HTA/BT et liaisons en cascade — le calcul réagit en direct.
630 kVA

In = 909 A sous 400 V.

%

4 % jusqu'à 630 kVA, 6 % au-delà (NF EN 50464-1).

W

Pertes dues à la charge — plaque signalétique.

Liaisons et tableaux avalde l'origine vers le point de défaut

1
20,5 kA
240 mm²
2 en parallèle
m

Optionnel — vérifie Icu ≥ Icc3 au tableau.

2
11,4 kA
70 mm²
1 (simple)
m

Optionnel — vérifie Icu ≥ Icc3 au tableau.

Icc³ maximal — bornes bt du transformateur
21,0kA

Icc³ = c · Un / (√3 · Zcc) — Zcc = 11,55 mΩ, facteur de crête κ = 1,47.

Courant de crête î43,6 kA
Icc² biphasé18,2 kA
PdC recommandé25 kA
Aval — TD Atelier11,4 kA
84 %

Taux d'utilisation du PdC

Icc³ 21,0 kA situé sous le calibre normalisé 25 kA (NF EN 60947-2).

Note de calcul détaillée

Méthode des impédances · UTE C 15-500

Icc³ = 1,05 × 400 / (√3 × 11,55·10⁻³) = 21,0 kA aux bornes bt du transformateur.

PdC recommandé ≥ 25 kA

Tableau des impédances (méthode des impédances)

ÉlémentR (mΩ)X (mΩ)ΣR (mΩ)ΣX (mΩ)Zcc (mΩ)Icc3 (kA)
Réseau amont HTASka = 500 MVA0,040,35
Transformateur HTA/BT630 kVA — Ucc 4 %2,8910,82
Bornes BT du transformateur2,9211,1711,5521,0
Liaison → TGBT2 × 240 mm² cuivre — 5,0 m0,190,22
TGBT3,1211,4011,8220,5
Liaison → TD Atelier70 mm² cuivre — 45 m11,903,60
TD Atelier15,0215,0021,2211,4

Résistivités à 20 °C (convention Icc maxi) : cuivre 18,51 — aluminium 29,4 mΩ·mm²/m. Réactances linéiques : 0,08 à 0,13 mΩ/m selon la pose, 0,15 mΩ/m pour un jeu de barres (UTE C 15-105 / C 15-500).

Courants de court-circuit par tableau

TableauIcc3 (kA)Icc2 (kA)î crête (kA)PdC recommandéPdC choisi
Bornes BT du transformateur21,018,243,625 kA
TGBT20,517,842,125 kA
TD Atelier11,49,9017,316 kA

Le pouvoir de coupure (Icu, NF EN 60947-2) de chaque disjoncteur doit être au moins égal à l'Icc3 maximal à son point d'installation (NF C 15-100 § 434). La valeur de crête î sert à vérifier la tenue électrodynamique.

Valider la section des câbles

Courant admissible, chute de tension et contrainte thermique de court-circuit (k²S²) : vérifiez chaque liaison avec l'outil câble industriel.

Pourquoi calculer le courant de court-circuit ?

Lors d'un défaut franc entre conducteurs actifs, le courant n'est plus limité que par l'impédance du circuit entre la source et le point de défaut : il atteint en quelques millisecondes des valeurs de plusieurs milliers, voire dizaines de milliers d'ampères. Le courant de court-circuit présumé Icc conditionne trois choix essentiels de la conception d'une installation : le pouvoir de coupure des dispositifs de protection (NF C 15-100 § 434 : il doit être au moins égal à l'Icc au point d'installation), la tenue électrodynamique des jeux de barres et de l'appareillage (via le courant de crête î), et la contrainte thermique admissible par les câbles (critère k²S²). Un pouvoir de coupure sous-dimensionné, c'est un disjoncteur qui explose au lieu de couper.

La méthode des impédances

La méthode des impédances est celle qu'applique le guide FD C 15-500, le document AFNOR qui encadre les logiciels de dimensionnement des installations basse tension, sur la base de la norme de calcul NF EN 60909-0. Elle consiste à cumuler séparément les résistances R et les réactances X de tous les éléments traversés par le courant de défaut — réseau amont, transformateur, câbles, jeux de barres — puis à composer l'impédance totale au point de défaut :

Beaucoup de documents en circulation citent encore le guide UTE C 15-500 de juillet 2003. Il a été remplacé par l'AFNOR C 15-500 en juillet 2015, puis par le FD C 15-500 : c'est cette dernière référence qu'il faut porter sur une note de calcul.

Zcc =((ΣR)² + (ΣX)²)
Icc3 =
c × Un√3 × Zcc
  • ΣR, ΣX : sommes des résistances et des réactances de la source au point de défaut (mΩ), calculées par l'outil pour chaque élément ;
  • Un : tension nominale entre phases (400 V pour les réseaux BT français) ;
  • c : facteur de tension de la NF EN 60909-0, retenu ici à 1,05 pour l'Icc maximal — il représente la tension à vide U₂₀ = 420 V au secondaire d'un transformateur alimentant un réseau 400 V ;
  • Zcc : impédance de court-circuit par phase au point de défaut (mΩ).

Les impédances de chaque élément

Réseau amont HTA. Ramenée au secondaire du transformateur, l'impédance du réseau vaut Za = U₂₀² / Ska, où Ska est la puissance de court-circuit au primaire (500 MVA par défaut pour un réseau 20 kV français). On la décompose en Xa = 0,995 × Za et Ra = 0,1 × Xa.

Transformateur HTA/BT. Son impédance se déduit de la tension de court-circuit Ucc de la plaque signalétique : ZT = (Ucc / 100) × U₂₀² / Sn. La part résistive vient des pertes cuivre : RT = Pcu × U₂₀² / Sn², puis XT = √(ZT² − RT²). Les transformateurs de distribution immergés du marché français, couverts aujourd'hui par la NF EN 50588-1 (qui a remplacé la NF EN 50464-1 en février 2016), affichent couramment un Ucc de 4 % jusqu'à 630 kVA et de 6 % au-delà. L'outil propose ces valeurs par défaut ; relevez celles de votre plaque signalétique, qui font foi. Pour n transformateurs identiques en parallèle, l'impédance est divisée par n.

Câbles et jeux de barres. La résistance d'une liaison vaut R = ρ × L / (n × S), avec ρ la résistivité à 20 °C (18,51 mΩ·mm²/m pour le cuivre, 29,4 pour l'aluminium — convention Icc maximal, conducteurs froids), L la longueur, S la section et n le nombre de conducteurs en parallèle par phase. La réactance linéique dépend de la pose : 0,08 mΩ/m pour un câble multiconducteur ou des unipolaires en trèfle, 0,09 mΩ/m en nappe jointive, 0,13 mΩ/m pour des unipolaires espacés et 0,15 mΩ/m pour un jeu de barres (dont la résistance est négligeable).

Exemple : poste 630 kVA, TGBT et tableau divisionnaire

Prenons l'exemple par défaut de l'outil : réseau amont 500 MVA, transformateur 630 kVA (Ucc 4 %, Pcu 6,5 kW), liaison transfo → TGBT en 2 × 240 mm² cuivre sur 5 m, puis départ TGBT → TD Atelier en 70 mm² cuivre sur 45 m :

  1. Réseau amont : Za = 420² / 500·10⁶ ≈ 0,35 mΩ → Ra ≈ 0,04 mΩ, Xa ≈ 0,35 mΩ ;
  2. Transformateur : ZT = 0,04 × 420² / 630 ≈ 11,2 mΩ → RT ≈ 2,9 mΩ, XT ≈ 10,8 mΩ ;
  3. Aux bornes BT : Zcc ≈ 11,6 mΩ → Icc3 ≈ 21 kA, crête î ≈ 44 kA → disjoncteur général de PdC ≥ 25 kA ;
  4. Liaison 2 × 240 mm² / 5 m : R ≈ 0,19 mΩ, X ≈ 0,23 mΩ → au TGBT, Icc3 ≈ 20,5 kA ;
  5. Départ 70 mm² / 45 m : R ≈ 11,9 mΩ, X ≈ 3,6 mΩ → au TD Atelier, Zcc ≈ 21 mΩ, Icc3 ≈ 11,4 kA → disjoncteurs de PdC 16 kA suffisants à ce niveau.

C'est exactement le tableau des impédances que l'outil construit en direct : chaque élément avec ses R et X, le cumul ΣR / ΣX à chaque tableau et l'Icc3 correspondant.

Courant de crête et tenue électrodynamique

Pendant la première demi-onde, la composante apériodique du courant de défaut s'ajoute à la composante symétrique : la valeur instantanée maximale vaut î = κ × √2 × Icc3, avec κ = 1,02 + 0,98 × e^(−3R/X) (IEC 60909). Près d'un transformateur, où le rapport R/X est faible, κ approche 1,8 et la crête dépasse 2,5 fois l'Icc efficace : c'est cette valeur qui sollicite mécaniquement les jeux de barres (efforts proportionnels au carré du courant) et que doit tenir l'appareillage à l'établissement (pouvoir de fermeture Icm).

Ordres de grandeur aux bornes BT des transformateurs

TransformateurUccIn au secondaireIcc3 aux bornes BTPdC minimal
250 kVA4 %361 A8,5 kA10 kA
400 kVA4 %577 A13,5 kA16 kA
630 kVA4 %909 A21,0 kA25 kA
1000 kVA6 %1443 A22,2 kA25 kA
1600 kVA6 %2309 A34,8 kA36 kA
2000 kVA6 %2887 A43,0 kA50 kA

Réseau 400 V, réseau amont 500 MVA, transformateur seul avant toute liaison ; pertes cuivre typiques de chaque puissance. Ces lignes sont produites par le moteur de l'outil lui-même, avec les mêmes formules que le calcul ci-dessus — saisissez les caractéristiques de votre poste pour obtenir vos valeurs exactes.

Icc maximal, Icc minimal : deux calculs, deux usages

L'Icc maximal — objet de cet outil — se calcule au plus près de la source, conducteurs à 20 °C et tension majorée (c = 1,05) : il dimensionne le pouvoir de coupure et la tenue électrodynamique. L'Icc minimal se calcule à l'extrémité du circuit, conducteurs chauds (résistivité majorée de 25 à 50 %) et tension minorée : il garantit que le déclencheur magnétique du disjoncteur (ou le fusible) fonctionne bien pour un défaut en bout de ligne. Les deux vérifications sont complémentaires et obligatoires ; la seconde est intégrée à notre outil de dimensionnement des câbles industriels.

Icu, Ics, Icn, Icm : lire la plaque d'un disjoncteur

Le résultat de ce calcul ne sert à rien s'il est comparé à la mauvaise caractéristique. Quatre valeurs coexistent sur les catalogues, et elles ne se comparent pas au même courant :

  • Icu — pouvoir de coupure ultime (NF EN IEC 60947-2). Le courant que l'appareil interrompt une fois, après quoi il peut être hors d'usage. C'est cette valeur que l'outil compare à l'Icc3 calculé.
  • Ics — pouvoir de coupure de service, exprimé en pourcentage d'Icu (25, 50, 75 ou 100 %). Le courant après lequel le disjoncteur reste apte à reprendre le service. Sur un départ qu'on doit pouvoir réenclencher tout de suite, c'est Ics qu'il faut viser, et non Icu.
  • Icn — l'équivalent d'Icu pour les disjoncteurs domestiques de la NF EN 60898-1, exprimé en ampères : 3 000, 4 500, 6 000, 10 000 A.
  • Icm — pouvoir de fermeture : la crête que l'appareil supporte s'il est refermé sur un défaut. C'est au courant de crête î calculé par l'outil qu'il se compare, pas à l'Icc efficace.

La filiation (ou backup) fait exception à la règle du § 434 : un disjoncteur amont limiteur écrête le courant de défaut et permet d'installer en aval un appareil de pouvoir de coupure inférieur à l'Icc présumé. Elle ne se calcule pas — elle se lit dans les tables de coordination du constructeur, pour un couple d'appareils donné. À ne pas confondre avec la sélectivité, qui vise l'inverse : n'ouvrir que le disjoncteur le plus proche du défaut.

Pourquoi 3 kA suffisent en logement, et pas dans un atelier

Le disjoncteur divisionnaire d'un tableau de maison porte 3 000 A (3 kA) d'Icn, et personne ne calcule l'Icc pour le choisir. Ce n'est pas une tolérance : c'est que le branchement au réseau public est protégé en amont. Le disjoncteur de branchement et, sur les branchements à puissance surveillée, les fusibles AD du coffret limitent le courant de défaut vu par le tableau. La question du calcul ne se pose donc pas dans le cas domestique courant.

Elle se pose dès que l'installation possède son propre poste de transformation HTA/BT : industrie, tertiaire, grande surface, ERP, exploitation agricole. Aux bornes BT d'un 630 kVA, l'Icc dépasse 20 kA — près de sept fois ce qu'encaisse un appareil domestique. Elle se pose aussi lorsqu'un tableau est très proche du transformateur, ou quand plusieurs transformateurs travaillent en parallèle : leurs impédances se divisent, et l'Icc est multiplié d'autant. C'est le domaine de cet outil.

Les hypothèses du calcul

La méthode des impédances suppose un défaut triphasé franc, d'impédance de défaut nulle : c'est le cas le plus sévère, celui qui dimensionne. Elle ne compte pas la contribution des moteurs asynchrones, qui réalimentent brièvement le défaut en se comportant en génératrices : sur un site où la somme des courants assignés des moteurs dépasse le quart du courant du transformateur, cette contribution transitoire ajoute plusieurs kA et doit être reprise à part. Les régimes de neutre (TT, TN, IT), eux, ne changent rien à l'Icc triphasé maximal ; ils conditionnent les courants de défaut à la terre, qui relèvent d'un autre calcul.

Comment ce calcul est vérifié

Le moteur de cet outil est couvert par une suite de 28 tests automatisés construite sur des références extérieures au moteur, et non sur ses propres sorties.

  • Le tableau des Icc aux bornes BT publié plus haut sort du moteur. Ses lignes ne sont pas recopiées : elles sont calculées au moment où la page s'affiche, avec les formules mêmes de l'outil. L'affiché ne peut pas diverger du calculé.
  • La formule des fiches constructeur est retrouvée exactement. Les catalogues donnent l'Icc aux bornes d'un transformateur par Icc = In / Ucc %. En annulant les deux termes que cette formule ignore — pertes cuivre et impédance du réseau amont — le moteur redonne cette valeur au chiffre près, sur les treize puissances de 100 à 2 500 kVA.
  • L'écart de méthode est mesuré, pas estimé. Avec les pertes cuivre réelles et un réseau amont de 500 MVA, cette même formule simplifiée majore l'Icc de 0,5 % sur un 100 kVA et de 8,3 % sur un 2 500 kVA. Le calcul complet est donc toujours le moins pénalisant des deux, et l'écart grandit avec la puissance du poste.
  • La chaîne d'impédances est recalculée indépendamment du moteur. Le poste 630 kVA proposé par défaut, ses deux liaisons et ses trois tableaux sont repris dans une seconde écriture des formules, en ohms et en ampères là où l'outil travaille en milliohms et en kiloampères. Résistances, réactances, impédance totale, Icc triphasé et biphasé et courant de crête concordent sur les douze chiffres.
  • Une saisie incomplète ne produit jamais de résultat. Tension vide, puissance manquante, tension de court-circuit nulle, longueur de câble absente, matériau inconnu, pertes cuivre aberrantes : l'outil se tait au lieu d'afficher un NaN ou un zéro qu'on pourrait prendre pour une valeur.

Références

  • NF C 15-100 — Installations électriques à basse tension (décembre 2002, complétée par la mise à jour de juin 2005). Source de la règle du § 434 : le pouvoir de coupure doit être au moins égal au courant de court-circuit présumé au point d'installation.
  • NF EN 60909-0 (septembre 2016) — Courants de court-circuit dans les réseaux triphasés à courant alternatif, Partie 0 : calcul des courants. Reprise de la CEI 60909-0:2016. Source du facteur de tension c et du facteur de crête κ.
  • FD C 15-500 — Installations électriques à basse tension : détermination des sections de conducteurs et choix des dispositifs de protection à l'aide de logiciels de calcul (AFNOR). Ce document a remplacé l'AFNOR C 15-500 de juillet 2015, elle-même issue du guide UTE C 15-500 de juillet 2003.
  • NF EN IEC 60947-2 — Appareillage à basse tension, Partie 2 : disjoncteurs. Définit Icu et Ics. NF EN 60898-1 — disjoncteurs pour installations domestiques : définit Icn.
  • NF EN 50588-1 (février 2016) — Transformateurs de moyenne puissance 50 Hz de tension la plus élevée pour le matériel n'excédant pas 36 kV, Partie 1 : prescriptions générales. A remplacé la NF EN 50464-1 pour les transformateurs de distribution immergés.
  • Cahier Technique n° 158 — Calcul des courants de court-circuit, Schneider Electric. Exposé de référence de la méthode des impédances, avec ses exemples résolus.

Questions fréquentes

C'est la méthode qu'applique le guide FD C 15-500, sur la base de la norme de calcul NF EN 60909-0 : toutes les impédances traversées par le courant de défaut (réseau amont, transformateur, câbles, jeux de barres) sont ramenées au point de défaut, séparées en résistances R et réactances X, puis cumulées. L'impédance de court-circuit vaut Zcc = √(ΣR² + ΣX²) et le courant triphasé maximal Icc3 = c × Un / (√3 × Zcc), avec c = 1,05 le facteur de tension qui représente la tension à vide du réseau. Elle est plus précise que la méthode conventionnelle ou que la méthode de composition, car elle suit réellement chaque élément de l'installation. Attention aux documents qui citent encore le guide UTE C 15-500 de 2003 : il a été remplacé.

Pour un transformateur immergé 630 kVA alimentant un réseau 400 V, avec une tension de court-circuit Ucc de 4 %, des pertes cuivre de 6,5 kW et un réseau amont de 500 MVA, l'Icc triphasé aux bornes BT vaut environ 21,0 kA. Ordres de grandeur aux mêmes hypothèses : 250 kVA ≈ 8,5 kA, 400 kVA ≈ 13,5 kA, 630 kVA ≈ 21,0 kA, 1000 kVA ≈ 22,2 kA (Ucc 6 %), 1600 kVA ≈ 34,8 kA, 2000 kVA ≈ 43,0 kA. Le saut de Ucc de 4 à 6 % au-delà de 630 kVA explique que le 1000 kVA ne soit guère plus contraignant que le 630. L'Icc diminue ensuite à chaque liaison, grâce à l'impédance des câbles.

La NF C 15-100 (§ 434) impose que le pouvoir de coupure du dispositif de protection soit au moins égal au courant de court-circuit présumé au point où il est installé. On calcule donc l'Icc3 maximal au tableau concerné, puis on retient le pouvoir de coupure normalisé immédiatement supérieur (Icu selon NF EN IEC 60947-2) : 6, 10, 16, 25, 36, 50, 70, 100 kA… Une exception existe avec la filiation (backup) : un disjoncteur amont limiteur peut couvrir un disjoncteur aval de pouvoir de coupure inférieur, sur justification du constructeur.

En maison individuelle ou en appartement raccordé au réseau public de distribution, 3 kA suffisent, et c'est ce que porte le disjoncteur divisionnaire vendu en grande surface. La raison n'est pas que l'Icc soit faible par nature, mais que le branchement est protégé en amont : le disjoncteur de branchement et les fusibles AD du coffret limitent le courant de défaut vu par le tableau. Le calcul détaillé de l'Icc devient nécessaire dès que l'installation est alimentée par son propre poste de transformation HTA/BT — industrie, tertiaire, grands ERP, exploitation agricole — ou lorsqu'un tableau est très proche du transformateur. C'est le cas que traite cet outil.

Icu est le pouvoir de coupure ultime : le courant que l'appareil interrompt une fois, après quoi il peut être hors d'usage. C'est la valeur à comparer à l'Icc calculé. Ics est le pouvoir de coupure de service : le courant après lequel l'appareil reste apte à fonctionner normalement ; il s'exprime en pourcentage d'Icu (25, 50, 75 ou 100 %) et c'est lui qui compte sur un départ dont la remise en service doit être immédiate. Icn est l'équivalent d'Icu pour les disjoncteurs domestiques relevant de la NF EN 60898-1 (3 000, 4 500, 6 000, 10 000 A). Icm est le pouvoir de fermeture : la valeur de crête que l'appareil doit supporter s'il est refermé sur un défaut — c'est le courant de crête î que calcule l'outil qu'il faut y comparer.

Parce que l'Icc diminue en s'éloignant de la source : chaque mètre de câble ajoute de la résistance et de la réactance. Un disjoncteur de tableau divisionnaire voit un Icc bien plus faible que le disjoncteur général — on peut donc y installer des appareils de pouvoir de coupure inférieur, nettement moins coûteux. Le calcul en cascade permet d'optimiser chaque niveau de la distribution sans surdimensionner.

L'Icc3 (défaut triphasé symétrique) est en général le courant le plus élevé : il dimensionne le pouvoir de coupure. L'Icc2 (défaut entre deux phases) vaut √3/2 ≈ 0,87 × Icc3. L'Icc1 (phase-neutre) dépend de la section du neutre et du régime de neutre ; c'est souvent le plus faible, utilisé pour vérifier le déclenchement magnétique en bout de ligne. Le courant de crête î = κ × √2 × Icc3 est la valeur instantanée maximale de la première demi-onde (composante apériodique) : il sert à vérifier la tenue électrodynamique des jeux de barres et l'aptitude des appareils à l'établissement (Icm).

À défaut de donnée du gestionnaire de réseau, on retient couramment 500 MVA pour un réseau HTA 20 kV français (l'outil le propose par défaut). Cette valeur influence peu le résultat en BT : l'impédance du réseau amont ramenée au secondaire (≈ 0,35 mΩ pour 500 MVA) est faible devant celle du transformateur (≈ 11 mΩ pour un 630 kVA). Doubler la puissance de court-circuit amont ne change l'Icc BT que de quelques pour cent.

Le calcul de l'Icc maximal se place dans les conditions les plus défavorables pour l'appareillage : conducteurs froids (20 °C), donc résistance minimale et courant maximal. C'est cette valeur qui dimensionne le pouvoir de coupure. À l'inverse, le calcul de l'Icc minimal (vérification du déclenchement magnétique en bout de circuit) majore la résistivité (facteur 1,25 à 1,5) pour représenter des conducteurs chauds en défaut.

Non : cet outil calcule l'Icc maximal (méthode des impédances, conducteurs à 20 °C) pour le choix des pouvoirs de coupure et la tenue électrodynamique. La vérification de l'Icc minimal — qui conditionne le déclenchement magnétique et la longueur maximale protégée — utilise d'autres hypothèses (tension 0,95 × Un ou méthode conventionnelle à 0,8 × Un, résistivité majorée) et est traitée dans l'outil de dimensionnement des câbles industriels.