Structure · Béton armé

Calcul d'un voile en béton armé — Eurocode 2

1  Géométrie & sollicitation

kN/ml
cm
m
m

e mini : 15 cm (16 cm sismique) · h entre planchers · L pour le rapport h/L

2  Liaisons, matériaux & environnement

ρv,min = 0.002 · ρh,min = max(0.001 ; 0.25·ρv) · λ = l0/i ≤ 86

Voile compression centrée + dispositions EC2 §9.6 — pré-dimensionnement d'un voile BA porteur. La résistance au cisaillement (refend) et le dimensionnement sismique EC8 doivent être traités séparément. Les zones d'extrémité sismiques (chaînages renforcés) ne sont pas dimensionnées par l'outil.

Vue schéma

Vérification globale

taux max

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NF EN 1992-1-1 §9.6 / §12.6 · DTU 23.1

Mis à jour le

Pré-dimensionnement d'un voile en béton armé porteur selon la NF EN 1992-1-1 §9.6 et §12.6 : épaisseur, élancement, coefficient de flambement, nappes d'aciers verticaux et horizontaux, dispositions sismiques.

Tout comprendre sur le voile en béton armé

Le voile BA est un mur porteur vertical, intermédiaire entre le poteau (concentré) et la dalle (horizontal). Il joue un double rôle : porter les efforts verticaux des planchers supérieurs et reprendre les efforts horizontaux (vent, séisme) par effet de contreventement. L'Eurocode 2 lui consacre le §9.6 pour les dispositions d'armatures, et sa section 12 traite le cas du voile en béton non armé. Le calcul se mène classiquement par mètre linéaire de voile : c'est la convention retenue par le calculateur (NEd en kN/ml).

Voile, mur banché, refend : le même ouvrage, trois mots

Le vocabulaire de chantier et celui du bureau d'études ne se recouvrent pas tout à fait. Béton banché désigne le procédé : le béton est coulé en place dans un moule vertical formé de deux banches métalliques ou bois, maintenues par des tiges d'entretoisement, avec des nappes d'armatures posées entre les deux. Voile désigne l'élément de structure une fois durci, tel que le calcul le voit. Refend désigne sa fonction quand il sépare et contrevente à l'intérieur du bâtiment ; trumeau, la partie de voile qui subsiste entre deux baies. Un mur banché armé est donc bien un voile au sens de l'Eurocode 2, et se calcule comme tel — c'est le NF DTU 23.1 qui en encadre l'exécution.

Voile porteur ou voile de contreventement ?

Un même voile cumule souvent les deux fonctions, mais les vérifications diffèrent. Le voile porteur reprend les charges gravitaires des planchers : la vérification déterminante est la compression avec flambement, c'est l'objet de cet outil. Le voile de contreventement (refend) reprend en plus les efforts horizontaux dans son plan : il doit alors être justifié au cisaillement — avec le cas échéant des aciers de couture — et en flexion composée, avec des armatures de bord concentrées à ses extrémités. Cette analyse complémentaire sort du pré-dimensionnement en compression centrée.

Voile, poteau-paroi ou mur de maçonnerie ?

La frontière est géométrique : un voile a une longueur L ≥ 4·e. En dessous, c'est un poteau-paroi qui suit les règles du poteau (§9.5). Un mur en maçonnerie non armé suit l'Eurocode 6 et non l'Eurocode 2. Cette classification conditionne les pourcentages minimaux d'armatures et les vérifications de stabilité.

Voile court ou élancé ?

Le rapport h/L (hauteur / longueur) caractérise le comportement. h/L ≤ 2 : voile court qui travaille essentiellement en compression et cisaillement, modèle en console rigide. h/L > 2 : voile élancé qui se comporte comme une poutre verticale en flexion composée, justifiant une analyse plus fine. Ce rapport ne doit pas être confondu avec l'élancement λ = l0/i, qui mesure le risque de flambement hors plan et pilote, lui, le coefficient Φ.

Voile armé ou voile non armé ?

Beaucoup de voiles courants (maisons individuelles, sous-sols, petits collectifs) sont si peu chargés que le béton seul suffit. L'Eurocode 2 section 12 encadre ce cas : la résistance de calcul est minorée (fcd,pl = 0,8·fckc avec αcc,pl = 0,8, §12.3.1) pour tenir compte de l'absence de ductilité apportée par les aciers. Le calculateur compare systématiquement NEd à la capacité du voile non armé : si elle suffit, seules les armatures minimales forfaitaires du §9.6 (et les chaînages du DTU 23.1) sont à prévoir. Au-dessus, le voile doit être déclaré armé — mais il existe une plage où cela n'impose encore aucun acier de calcul : lever la minoration de 0,8 dégage à elle seule 25 % de capacité. Ce n'est qu'au-delà que des aciers verticaux de calcul viennent s'ajouter au quadrillage minimal.

Quelle épaisseur pour un voile en béton armé ?

C'est la première question posée en avant-projet, et le calcul de structure n'y répond que rarement seul. Dans les épaisseurs courantes, un voile de logement est très largement surcapable en compression : ce sont la mise en œuvre, l'acoustique et le feu qui fixent la cote. L'outil retient 15 cm comme plancher pour un voile banché porteur — l'épaisseur en dessous de laquelle deux nappes, leur enrobage sur chaque face et la vibration du béton entre les banches deviennent difficiles à tenir — et le relève à 16 cm en zones sismiques 3 à 5. Ce sont des seuils d'usage professionnel, pas une prescription de l'Eurocode 2 : le §9.6 ne fixe aucune épaisseur minimale.

SituationÉpaisseur constatéeCe qui la pilote réellement
Refend de maison individuelle, voile de garage15 à 16 cmMise en œuvre du banché : place des nappes, enrobage, vibration
Séparatif entre deux logements18 à 20 cmAffaiblissement acoustique et tenue au feu, avant le calcul de structure
Voile de contreventement, R+4 et plus20 à 25 cmFlexion composée dans le plan et armatures de bord aux extrémités
Voile de sous-sol contre terre20 à 25 cmPoussée des terres, donc flexion hors plan, et traitement de l'étanchéité
Voile très chargé ou de grande hauteur libre25 cm et plusLe coefficient Φ pénalise les voiles minces plus que proportionnellement

Épaisseurs relevées dans la pratique courante française du bâtiment ; ce sont des ordres de grandeur de conception, pas des minima réglementaires. Seule la ligne de mise en œuvre correspond au seuil appliqué par le calculateur.

Comment calculer un voile en béton armé selon l'Eurocode 2 ?

Le principe tient en une phrase : on vérifie qu'une tranche de 1 mètre de voile peut porter l'effort vertical NEd, après avoir réduit la capacité du béton pour tenir compte du flambement. C'est la méthode simplifiée des murs de la NF EN 1992-1-1 §12.6.5.2, celle qu'applique le calculateur. Déroulons-la avec un exemple fil rouge : un voile de 18 cm d'épaisseur, 2,70 m sous plancher, encastré en tête et en pied, en C25/30, chargé à NEd = 400 kN/ml (les valeurs par défaut de l'outil).

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Longueur de flambement et élancement

La hauteur libre h est convertie en longueur de flambement l0 selon les liaisons du voile avec les planchers : β = 0,85 si le voile est tenu en tête et en pied par des planchers rigides, jusqu'à β = 2 pour un mur libre en tête (soutènement). L'élancement compare ensuite l0 au rayon de giration de la tranche de 1 m :

Élancement de la tranche de 1 mètre

l0 = β × h ;  λ =
l0i
 avec  i =
e√12
 ;  λ 86

l0 : longueur de flambement (m) · β : coefficient de liaison, de 0,85 (bi-encastré) à 2 (libre en tête) · h : hauteur libre entre planchers (m) · i : rayon de giration (m) · e : épaisseur du voile (m)

Exemple : l0 = 0,85 × 2,70 = 2,30 m ; i = 0,18/√12 = 0,052 m ; λ = 2,30/0,052 ≈ 44 ≤ 86 : la méthode simplifiée s'applique.
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Excentricités inévitables

Aucun voile réel n'est parfaitement vertical ni parfaitement centré sous sa charge. L'Eurocode 2 cumule une excentricité minimale e0 (§6.1) et une imperfection géométrique ei traduisant le défaut d'aplomb θi = 1/200 (§5.2) :

Excentricité de calcul

e0 = max(
e30
 ; 20 mm) ;  ei =
l0400
 ;  etot = e0 + ei

e0 : excentricité minimale (m), au moins 20 mm · ei : imperfection géométrique = θi·l0/2 avec θi = 1/200 · etot : excentricité totale reportée dans Φ

Exemple : e0 = max(180/30 = 6 ; 20) = 20 mm ; ei = 2 300/400 ≈ 5,7 mm ; etot ≈ 25,7 mm. Sous 60 cm d'épaisseur, c'est toujours le plancher de 20 mm qui gouverne e0.
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Coefficient de flambement Φ

Le cœur de la méthode : au lieu d'un calcul du second ordre complet, la NF EN 1992-1-1 §12.6.5.2 condense l'effet combiné de l'excentricité et de l'élancement dans un coefficient réducteur Φ appliqué à la capacité de la section. Sur le domaine courant du bâtiment — 15 à 25 cm d'épaisseur, 2,50 à 3,60 m de hauteur libre — il retire de 26 à 69 % de la capacité brute de la section : c'est le terme dimensionnant, bien avant la résistance du béton.

Coefficient de flambement, méthode simplifiée des murs

Φ = 1,14 × (1
2·etote
) 0,02 ×
l0e
   1
2·etote

Φ : coefficient réducteur sans dimension, borné à 0 · etot : excentricité totale (m) · e : épaisseur (m) · l0 : longueur de flambement (m). Le second membre est un plafond, jamais dépassé.

Exemple : 2·etot/e = 0,286 ; Φ = 1,14 × 0,714 − 0,02 × 2,30/0,18 = 0,81 − 0,26 = 0,56. Le voile ne peut mobiliser que 56 % de la capacité de sa section brute.
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Capacité portante, le béton seul suffit-il ?

On calcule d'abord la capacité du voile non armé, avec la résistance minorée du béton non armé (αcc,pl = 0,8, §12.3.1) :

Capacité du voile non armé, par mètre linéaire

NRd = e × fcd,pl × Φ  avec  fcd,pl =
0,8 × fckγc

NRd : effort résistant (kN/ml) · e : épaisseur (m) · fcd,pl : résistance de calcul du béton non armé (MPa) · fck : résistance caractéristique (MPa) · γc = 1,5 · Φ : coefficient de flambement

Exemple : fcd,pl = 0,8 × 25/1,5 = 13,3 MPa ; NRd = 0,18 × 13,3 × 0,56 × 10³ ≈ 1 340 kN/ml ≥ 400 kN/ml : le béton seul reprend l'effort, le ferraillage minimal suffit.

Si NEd dépasse cette valeur, le voile doit être armé : la section de béton est alors créditée à fcd plein (αcc = 1 en France), et les aciers verticaux s'y ajoutent. Leur contrainte est plafonnée à environ 400 MPa, car le béton atteint son raccourcissement de 2 ‰ avant que le B500 ne développe ses 435 MPa.

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Ferraillage minimal du voile

Armé ou faiblement sollicité, tout voile en béton armé reçoit un quadrillage minimal en deux nappes (une par face), qui contrôle la fissuration de retrait et assure un comportement ductile :

Sections minimales des deux nappes

Asv,min = 0,002 × Ac ;  Ash,min = max(0,001 ; 0,25·ρv) × Ac

Asv,min : aciers verticaux, total des 2 faces (cm²/m) · Ash,min : aciers horizontaux (cm²/m) · Ac : section de béton par mètre linéaire (cm²/m) · ρv : pourcentage vertical réellement mis en œuvre. Plafond : ρv ≤ 4 %.

Exemple : Ac = 100 × 18 = 1 800 cm²/m : aciers verticaux 3,6 cm²/m (1,8 cm²/m par face), aciers horizontaux 1,8 cm²/m. L'outil traduit ces sections en nappes réelles (diamètre HA + espacement).

D'où vient l'effort NEd ? La descente de charges

Le calculateur part de NEd, mais cet effort ne se devine pas : il se construit par descente de charges, plancher après plancher. La règle est simple — chaque voile reprend une bande de charge égale à la demi-portée des planchers qu'il porte de chaque côté, et l'on cumule les niveaux au-dessus en ajoutant à chaque étage le poids propre du voile lui-même. Les charges permanentes sont pondérées 1,35 et les charges d'exploitation 1,5 pour obtenir la combinaison ELU.

Exemple, voile de 18 cm portant deux travées de 5 m en logement. Dalle pleine de 20 cm : 0,20 × 25 = 5,0 kN/m² de poids propre, plus 1,5 kN/m² de revêtements et cloisons légères, soit G = 6,5 kN/m². Charge d'exploitation de logement : Q = 1,5 kN/m². À l'ELU, 1,35 × 6,5 + 1,5 × 1,5 = 11,0 kN/m². Avec une bande de charge de 5,00 m (2,50 m de part et d'autre), chaque plancher amène 55 kN/ml. Le poids propre du voile ajoute 0,18 × 2,70 × 25 = 12,2 kN/ml par niveau, soit 16,4 kN/ml pondérés. Total : environ 70 kN/ml par niveau porté — donc de l'ordre de 215 kN/ml en pied du RDC d'un R+2, et 430 kN/ml en pied d'un R+5.

Ces ordres de grandeur suffisent à cadrer un avant-projet ; pour la note de calcul, l'outil Descente de charges construit le cumul niveau par niveau avec les charges d'exploitation de la NF EN 1991-1-1. Attention aux deux pièges classiques : une travée sur deux pour un voile de rive (bande de charge divisée par deux), et les charges de neige ou de terrasse accessible en toiture, qui ne relèvent pas de la même catégorie que les planchers courants.

Abaque : capacité d'un voile non armé en C25/30

Effort résistant NRd en kN par mètre linéaire, pour un voile en béton non armé encastré en tête et en pied (β = 0,85), en C25/30. Ces valeurs sont produites par le moteur de calcul de cette page, pas recopiées : elles intègrent déjà le coefficient de flambement Φ. Tant que NEd reste sous la valeur lue, le ferraillage minimal du §9.6 suffit.

Épaisseurh = 2,5 mh = 2,7 mh = 3 mh = 3,3 mh = 3,6 m
15 cm944886798711623
16 cm10961038950863775
18 cm14001342125411671079
20 cm17041646155814711383
22 cm20081950186217751687
25 cm24642406231822312143

Lecture : un voile de 15 cm sous 3,60 m de hauteur libre ne porte plus que 623 kN/ml, quand le même voile sous 2,50 m en porte 944 — l'écart tient entièrement au flambement. Passer de 15 à 25 cm sous 3,60 m multiplie la capacité par 3,4, alors que la section n'augmente que de 67 % : c'est le coefficient Φ qui fait la différence.

Dispositions constructives à respecter

Au-delà du calcul de capacité, l'Eurocode 2 et le NF DTU 23.1 (murs en béton banché) imposent un ensemble de règles forfaitaires pour le ferraillage d'un voile. Les valeurs ci-dessous sont celles qu'applique le calculateur.

DispositionRègleRéférence
Longueur minimale pour être un voileL ≥ 4·e (en dessous : règles du poteau)EC2 §9.6.1
Épaisseur minimale15 cm (voile banché porteur) ; 16 cm en zones sismiques 3 à 5Usage — NF DTU 23.1
Aciers verticaux0,2 % ≤ ρv ≤ 4 % de Ac, répartis en 2 nappesEC2 §9.6.2
Espacement des aciers verticaux≤ min(3·e ; 400 mm)EC2 §9.6.2(3)
Aciers horizontauxρh ≥ max(0,1 % ; 0,25·ρv), parallèles aux facesEC2 §9.6.3
Espacement des aciers horizontaux400 mmEC2 §9.6.3(2)
Armatures transversales (épingles)Requises si les aciers verticaux des 2 faces dépassent 0,02·AcEC2 §9.6.4
Élancement maximal de la méthode simplifiéeλ = l₀/i ≤ 86EC2 §12.6.5.1
Enrobage des armatures25 mm (XC1) · 35 mm (XC3) · 40 mm (XC4) · 45 mm (XS1)EC2 §4.4.1

Les vérifications complémentaires d'une note d'exécution

L'outil traite la vérification déterminante du voile porteur courant : la compression centrée avec flambement. Une note de calcul d'exécution complète enchaîne ensuite sur quatre justifications, chacune avec sa propre méthode :

  • le cisaillement dans le plan (fonction refend) : un voile de contreventement chargé horizontalement se vérifie à l'effort tranchant, avec le cas échéant des aciers de couture au droit des reprises de bétonnage ;
  • la flexion composée des voiles élancés (h/L > 2) et des voiles de contreventement : armatures de bord concentrées aux extrémités, calcul de type poutre verticale ;
  • le dimensionnement sismique en zones 3 à 5 : zones critiques confinées aux extrémités et dimensionnement en capacité des voiles primaires (NF EN 1998-1 §5.4) ;
  • les ouvertures : trumeaux à revérifier avec la charge concentrée qu'ils reprennent, et linteaux à calculer en flexion.

S'y ajoutent, hors calcul de structure, la résistance au feu (valeurs tabulées de la NF EN 1992-1-2) et l'acoustique, qui pilotent souvent l'épaisseur bien avant la compression.

Comment ce calcul est vérifié

Le moteur de cet outil est couvert par une suite de 38 tests automatisés construite sur des références externes, et non sur ses propres sorties.

  • Dispositions du §9.6 comparées à une transcription indépendante de l'Eurocode. Pourcentages d'acier (0,2 % à 4 % en vertical, max(0,1 % ; 0,25·ρv) en horizontal), espacements min(3·e ; 400 mm) et 400 mm, longueur minimale L ≥ 4·e et élancement limite λ ≤ 86 sont repris ligne à ligne dans les tests depuis une source extérieure au projet — la documentation de calcul des voiles BA d'après la NF EN 1992-1-1/NA d'un logiciel de structure du marché. Les constantes du moteur coïncident exactement.
  • Les tableaux publiés sur cette page sortent du moteur. L'abaque de capacité et le tableau des dispositions constructives ne sont pas recopiés : ils sont générés par la fonction de calcul et par ses constantes, de sorte que l'affiché ne peut pas diverger du calculé. Chaque cellule de l'abaque est en outre recalculée indépendamment du moteur, et coïncide à la précision de la virgule flottante.
  • Formules normatives réécrites indépendamment du moteur. Le coefficient Φ et son plafond (§12.6.5.2), les excentricités e0 = max(e/30 ; 20 mm) et ei = l0/400, la capacité NRd = e·fcd,pl·Φ avec αcc,pl = 0,8 (§12.3.1) et l'élancement limite λlim = 20·A·B·C/√n (§5.8.3.1) sont recalculés hors du moteur sur 140 combinaisons d'épaisseur, de hauteur et de conditions de liaison : coïncidence exacte sur l'ensemble du balayage.
  • Vérité analytique et relation inverse. L'élancement retrouve exactement l'identité λ = √12·β·h/e. Surtout, la section d'acier retournée, réinjectée dans NRd = (Ac·fcd + As·σs)·Φ, redonne l'effort saisi : l'aller-retour boucle, ce qui exclut toute erreur d'unité entre les cm²/m affichés et les m² du calcul. Les nappes proposées (diamètre HA + espacement) couvrent toujours la section demandée, ou se déclarent hors catalogue.
  • Robustesse aux saisies dégradées. Un champ vidé, une valeur négative, un texte ou une classe de béton inconnue ne produisent aucun résultat plutôt qu'un résultat faux. Sur un balayage de 700 configurations couvrant tout le domaine d'emploi, aucune sortie n'est NaN ni infinie, Φ reste dans [0 ; 1] et les capacités ne deviennent jamais négatives.

Références

  • NF EN 1992-1-1 (octobre 2005) — Eurocode 2, Calcul des structures en béton, Partie 1-1 : règles générales et règles pour les bâtiments. Source du §9.6 (dispositions d'armatures des voiles), du §12.3.1 et du §12.6.5.2 (voiles en béton non armé et méthode simplifiée des murs), du §5.8.3.1 (élancement limite) et du §6.1 (excentricité minimale). Consultable sur la boutique AFNOR.
  • NF DTU 23.1 — Murs en béton banché, Partie 1-1 : cahier des clauses techniques types. Encadre l'exécution du béton banché (coffrage, coulage, chaînages, tolérances de verticalité) et fonde l'usage des 15 cm d'épaisseur minimale pour un voile porteur. Disponible sur la boutique CSTB.
  • Arrêté du 22 octobre 2010 relatif à la classification et aux règles de construction parasismique applicables aux bâtiments de la classe dite « à risque normal ». Source des cinq zones de sismicité et des accélérations de référence agr de 0,4 à 3,0 m/s² employées par l'outil. Texte consolidé sur Légifrance.
  • NF EN 1998-1 — Eurocode 8, Calcul des structures pour leur résistance aux séismes, Partie 1 : règles générales, actions sismiques et règles pour les bâtiments. Le §5.4 fixe les dispositions des murs ductiles en classe de ductilité moyenne, dont le confinement des éléments de rive.
  • NF EN 1991-1-1 — Eurocode 1, Actions sur les structures, Partie 1-1 : poids volumiques, poids propres et charges d'exploitation des bâtiments. Source du poids volumique de 25 kN/m³ du béton armé et de la charge d'exploitation de 1,5 kN/m² retenue en France pour un plancher de logement (catégorie A), utilisés dans l'exemple de descente de charges ci-dessus.
  • Autodesk Robot Structural Analysis — « Calculs des voiles BA d'après NF EN 1992-1-1/NA:2007 ». Transcription indépendante des dispositions du §9.6 (sections minimale et maximale, espacements, élancement limite), utilisée dans les tests comme point de comparaison extérieur au projet. Aide en ligne Autodesk.
  • Infociments — L'Eurocode 2 (novembre 2018). Présentation d'ensemble des Eurocodes béton et de leur transposition nationale, publiée par la filière cimentière française. infociments.fr.

Questions fréquentes

Le calcul courant se mène sur une tranche de 1 mètre de voile, en compression centrée. On convertit d'abord la hauteur libre en longueur de flambement l0 = β·h selon les liaisons avec les planchers, puis on en tire l'élancement λ = l0/i avec i = e/√12. On cumule ensuite l'excentricité minimale e0 = max(e/30 ; 20 mm) et l'imperfection d'aplomb ei = l0/400, qui alimentent le coefficient de flambement Φ de la méthode simplifiée des murs (NF EN 1992-1-1 §12.6.5.2). La capacité vaut alors NRd = e · fcd · Φ par mètre linéaire, à comparer à l'effort NEd issu de la descente de charges. Il reste enfin à poser le quadrillage minimal de deux nappes : 0,2 % de la section en aciers verticaux, et au moins 0,1 % en aciers horizontaux.

En pratique française, un voile banché porteur descend rarement sous 15 cm : c'est l'épaisseur retenue par le calculateur, et celle qu'impose la mise en œuvre (place des deux nappes, enrobage sur chaque face, recouvrements et vibration du béton entre les banches). En zone sismique 3 à 5, l'outil relève ce seuil à 16 cm. Dans les logements collectifs, l'épaisseur courante monte à 18 ou 20 cm, mais elle n'est alors plus pilotée par le calcul de structure : ce sont l'affaiblissement acoustique entre logements et la tenue au feu qui la fixent. Enfin, plus le voile est mince, plus le coefficient de flambement Φ rogne sa capacité — à 15 cm et 3,60 m de hauteur, il ne reste que 31 % de la capacité brute de la section.

La NF EN 1992-1-1 §9.6.2 impose des aciers verticaux compris entre 0,2 % et 4 % de la section de béton, répartis en deux nappes, une par face. Le §9.6.3 impose en complément des aciers horizontaux d'au moins max(0,1 % ; 0,25 × ρv). Pour un voile de 18 cm, cela donne 3,6 cm²/m d'aciers verticaux au total, soit 1,8 cm²/m par face, et 1,8 cm²/m d'aciers horizontaux. Les espacements sont bornés à min(3·e ; 400 mm) pour les barres verticales et à 400 mm pour les horizontales. Ces valeurs sont des minima de non-fragilité : si le béton seul ne suffit pas à reprendre l'effort, des aciers de calcul les remplacent.

La frontière voile / poteau-paroi est géométrique : l'Eurocode 2 traite comme voile un élément vertical dont la longueur vaut au moins 4 fois l'épaisseur (L ≥ 4·e). En dessous, l'élément suit les règles des poteaux (§9.5), avec des minima d'armatures différents. « Mur banché » désigne quant à lui le procédé de mise en œuvre — béton coulé en place entre deux banches — et non un type de calcul : un mur banché armé est un voile au sens de l'Eurocode 2. Un mur en maçonnerie relève en revanche de l'Eurocode 6, pas de l'Eurocode 2.

La section 12 de l'Eurocode 2 encadre les voiles en béton non armé faiblement sollicités. La résistance de calcul y est minorée (fcd,pl = 0,8 · fck / γc, §12.3.1) pour tenir compte de l'absence de ductilité apportée par les aciers, et la capacité vaut NRd = e · fcd,pl · Φ par mètre linéaire. Tant que NEd reste sous cette valeur, un ferraillage minimal forfaitaire suffit : c'est le cas de nombreux voiles de maisons individuelles et de sous-sols peu chargés. Entre cette capacité et celle du voile armé, l'outil signale qu'il faut passer en voile armé sans pour autant réclamer des aciers de calcul : c'est la seule levée du coefficient 0,8 qui apporte la réserve. Les chaînages horizontaux et verticaux restent obligatoires dans tous les cas.

NEd est l'effort vertical à l'ELU, ramené au mètre linéaire de voile. On le construit par descente de charges : on multiplie la charge surfacique de chaque plancher par la bande de charge que le voile reprend (la demi-portée de chaque côté), on pondère 1,35 les charges permanentes et 1,5 les charges d'exploitation, puis on cumule les niveaux au-dessus en ajoutant le poids propre du voile à chaque étage. Pour un voile de 18 cm portant des planchers de 5 m de bande de charge en logement, comptez de l'ordre de 70 kN/ml par niveau, soit environ 215 kN/ml en pied d'un R+2 et 430 kN/ml en pied d'un R+5.

Oui. Un voile court (h/L ≤ 2) travaille essentiellement en compression et en cisaillement : le modèle de compression centrée par mètre linéaire, celui du calculateur, est adapté. Un voile élancé (h/L > 2) se comporte comme une console verticale : il doit être vérifié en flexion composée (N + M) avec des aciers concentrés à ses extrémités, comme une poutre debout. Les grands voiles de contreventement des bâtiments en R+4 et plus relèvent typiquement de cette seconde catégorie. Attention à ne pas confondre ce rapport h/L avec l'élancement λ = l0/i, qui mesure le risque de flambement hors plan et non le mode de fonctionnement.

En zones sismiques 3, 4 et 5 (arrêté du 22 octobre 2010), les extrémités des voiles primaires de contreventement doivent être confinées selon la NF EN 1998-1 §5.4 : zones critiques avec armatures verticales concentrées et cadres rapprochés. Le DTU 23.1 fixe par ailleurs les chaînages minimaux valables partout, y compris hors zone sismique : chaînage horizontal à chaque plancher, chaînage vertical aux angles et de part et d'autre des joints. Le calculateur signale l'exigence sismique dès la zone 3, mais ne dimensionne pas les zones critiques : ce dimensionnement en capacité sort du pré-dimensionnement.