Tout comprendre sur la résistance au feu d'une poutre BA
Le béton armé n'est pas insensible à l'incendie : au-delà de 500 °C, le béton se dégrade et l'acier perd progressivement sa résistance. La partie 1-2 de l'Eurocode 2 (NF EN 1992-1-2) propose plusieurs méthodes pour vérifier qu'une poutre conservera sa capacité portante pendant une durée donnée (R30, R60, R90, R120, R180, R240).
Méthode de l'isotherme 500 °C
C'est la méthode la plus simple, codifiée en annexe B.1 de l'EC2 1-2. Le principe : on considère que le béton à plus de 500 °C n'apporte plus rien à la résistance. On enlève donc une couche d'épaisseur a500 sur chaque face exposée au feu. La section résiduelle est ensuite recalculée avec les aciers conservés, mais affectés d'un coefficient ks(θ) qui réduit leur fyk.
Distance axiale a
C'est la distance entre le parement exposé et l'axe des aciers tendus. Plus elle est grande, plus l'acier reste froid pendant l'incendie. C'est le paramètre clé : passer de a = 30 à a = 50 mm peut faire gagner une classe de résistance complète (de R60 à R120).
Combinaison accidentelle
Le moment MEd,fi est calculé avec la combinaison accidentelle de l'Eurocode 0 (§6.4.3.3) : MEd,fi = G + ψ1·Q (avec ψ1 ≈ 0.5 pour habitation). Cette combinaison est moins défavorable que l'ELU classique car la probabilité d'avoir simultanément charge maximale ET incendie est faible.
Guide de la méthode de calcul
1. Classe R
R30 à R240 selon réglementation incendie.
2. a500
Profondeur d'isotherme selon durée (10-65 mm).
3. Température aciers
T(a) interpolée selon EC2 1-2 annexe A.
4. MRd,fi
As·ks(θ)·fyk·z ≥ MEd,fi.