Atelier Terrasse Bois (DTU 51.4)

Dimensionnez votre platelage extérieur en bois selon le NF DTU 51.4 P1-1 : entraxe des lambourdes et des plots, plan d'exécution coté, vérifications normatives, fixations et métré. Mode Particulier (6 réglages) ou mode Pro (tous les paramètres).

Dimensionner une terrasse en bois selon le NF DTU 51.4

Le NF DTU 51.4 (« Platelages extérieurs en bois ») est la norme de référence pour la mise en œuvre des terrasses en bois massif posées à une hauteur inférieure ou égale à 1 mètre. Il encadre le choix des sections, les entraxes (espacement des lambourdes et des appuis), la durabilité (classe d'emploi), les fixations et les vérifications vis-à-vis du vent et de la neige.

Les deux portées à dimensionner

Un platelage classique repose sur deux éléments superposés : les lames (revêtement) et les lambourdes(supports). Le dimensionnement consiste à déterminer deux portées couplées, restituées sur le plan d'exécution coté de l'atelier :

  • L'entraxe des lambourdes = la portée admissible d'une lame entre deux supports. Il dépend de l'épaisseur, de la largeur et de la classe mécanique de la lame (Tableaux 7, 12 et 15 du DTU).
  • L'entraxe des appuis (ou plots) = la portée admissible d'une lambourde. Il dépend de sa section et de sa classe, et reste plafonné à 70 cm sur 3 appuis (60 cm sur 2 appuis), au-delà desquels l'élément devient une « solive » hors DTU 51.4.

Mode Particulier ou mode Pro ?

Le mode Particulier ne demande que six réglages (dimensions, département, essence, section de lame et hauteur de pose) et applique des hypothèses sécuritaires pour tout le reste : usage résidentiel (sollicitations 1), pose sur plots, lambourdes en pin classé C24 de 45 × 60 mm, vissage inox par le dessus. Le mode Pro expose l'intégralité des paramètres du DTU : niveau de sollicitations, conception courante ou élaborée, lambourdage croisé, vissage par le dessous, vérification du soulèvement au vent, entraxes imposés…

Niveaux de sollicitations

Le DTU distingue trois niveaux de charge selon l'usage :

Sollic. 1 (résidentiel) : q = 3,5 kN/m² · Q = 2,0 kN
Sollic. 2 (cafés/écoles) : q = 2,5 kN/m² · Q = 3,0 kN
Sollic. 3 (ERP/commerces) : q = 5,0 kN/m² · Q = 5,0 kN

Écartement entre lames

Le jeu entre lames se calcule à partir du retrait théorique du bois entre le point de saturation des fibres et l'humidité minimale en service (8 % en métropole) :

retrait =
coeff × largeur × (PSF − 8)1000

Le résultat est arrondi à l'unité supérieure puis diminué de 2 mm. L'objectif est de maintenir un écartement en service compris entre 3 et 12 mm. À défaut de données d'essence, le Tableau 8 du DTU donne la cale selon l'humidité du bois à la pose.

Comment calculer une terrasse bois : la méthode DTU pas à pas

Le dimensionnement suivi par l'atelier reproduit l'ordre du NF DTU 51.4 P1-1 : on part de l'usage, on descend de la lame vers la lambourde, puis on vérifie les fixations et le soulèvement au vent. Chaque étape conditionne la suivante, et c'est pourquoi un simple « entraxe de 40 cm » forfaitaire ne suffit pas.

  1. Niveau de sollicitations : l'usage (résidentiel, café/école, ERP) fixe les charges q et Q à reprendre.
  2. Classe d'emploi : le climat et la conception (courante ou élaborée) déterminent la durabilité requise (3.1, 3.2 ou 4), à couvrir par la durabilité naturelle de l'essence (NF EN 350) ou un traitement conféré.
  3. Entraxe des lambourdes : lu dans les Tableaux 7, 12 ou 15 selon l'épaisseur (tranches 21-23 à 40-45 mm), la largeur tabulée (90 / 120 / 140 mm) et la classe mécanique de la lame (C18 à D50).
  4. Section et portée de la lambourde : section commerciale (Tableaux 5, 11, 14) ou section optimisée (Tableaux 4, 10, 13), avec un plafond absolu de 700 mm entre appuis.
  5. Fixations et vérifications : diamètre de vis (Tableau 9), pénétration dans le support, écartement entre lames, soulèvement au vent.

Cas des lames sur 2 appuis seulement

Les valeurs tabulées supposent des éléments continus sur 3 appuis au moins. Une lame ou une lambourde posée sur 2 appuis fléchit davantage : le DTU impose alors de réduire la portée admissible lue dans les tableaux :

Lame sur 2 appuis : entraxe admissible = 0,85 × valeur tabulée
Lambourde sur 2 appuis : portée admissible = 0,75 × valeur tabulée (plafond 600 mm)

Fixations : diamètre et longueur de vis

Le diamètre extérieur de filet minimal dépend de l'épaisseur de la lame et de sa masse volumique (Tableau 9) : Ø 5 mm jusqu'à 23 mm d'épaisseur, Ø 6 mm à partir de 28 mm (et dès 24 mm pour les bois denses, ρk ≥ 600 kg/m³). La longueur se déduit de la pénétration requise dans le support :

  • Lame résineuse (quel que soit le support), ou lame feuillue sur support feuillu :
    S ≥ 1,5 × e
  • Lame feuillue sur support résineux :
    S ≥ 2,2 × e
Lvis = e + S (+ épaisseur de la cale de désolidarisation)

Chaque croisement lame/lambourde reçoit 2 vis dès que la lame fait 60 mm de large ou plus, en inox A2 minimum (A4 en bord de mer ou avec certains bois acides comme le chêne ou les bois exotiques riches en tanins).

Vérification du soulèvement au vent

Souvent oubliée, elle est exigée par le DTU dès que le platelage n'est pas naturellement bridé. On compare la dépression caractéristique de la région de vent (de −0,94 kN/m² en région 1 à −2,5 kN/m² en Guadeloupe) au poids propre du platelage :

Wnet = |Wk| − Gk

Si l'effort résiduel de soulèvement par vis dépasse 50 daN (pour une lame de moins de 45 mm d'épaisseur), la fixation doit être justifiée. Les plots non ancrés en sont dispensés si la hauteur sous lames reste ≤ 30 cm ou si une protection périmétrique est en place.

Combien de lambourdes, de plots et de vis ?

Une fois les entraxes fixés, le métré découle de la géométrie. Pour des lames posées dans le sens de la longueur, réparties sur la largeur de la terrasse :

Nombre de lames =
largeur terrasselargeur lame + jeu
Nombre de lambourdes =
longueur terrasseentraxe lambourdes
+ 1
Nombre de plots = nb de lambourdes × (
largeur terrasseentraxe d'appuis
+ 1 )

Le nombre de vis est équivalent au nombre de croisements lame/lambourde multiplié par 2 (lames ≥ 60 mm de large). Prévoyez un taux de chute de l'ordre de 10 % sur les lames et de lambourdes.

Quelle section de lambourde choisir ?

Le DTU propose neuf sections commerciales, de 40 × 60 mm à 60 × 60 mm. Deux repères utiles : à section égale, une lambourde posée sur chant (hauteur > largeur, ex. 40 × 60) porte nettement plus qu'à plat (60 × 40) ; et la largeur d'appui minimale sous les lames est de 45 mm en partie courante (60 à 68 mm selon le diamètre de vis au droit d'un aboutage de lames, ce qui impose en pratique une double lambourde à chaque jonction). En résidentiel, la 45 × 60 sur chant en C24 atteint le plafond des 70 cm de portée dès la plage d'entraxe courante ; c'est l'hypothèse par défaut du mode Particulier.

Pose sur plots, sur dalle ou pose directe

Sur plots (polymères ou béton), la hauteur sous lames est limitée à 30 cm pour les plots polymères et la portance du sol doit atteindre 0,2 MPa. Sur dalle béton, la lambourde ne doit jamais être en contact direct avec le support : interposez des cales de désolidarisation pour rétablir la circulation de l'eau. En pose directe des lames sur solives ou poutres existantes, l'entraxe des supports est simplement la portée admissible des lames. La structure porteuse elle-même relève alors d'un dimensionnement de charpente (NF DTU 31.1), hors périmètre du 51.4.

Conception courante ou élaborée ?

Conception courante

Dite « piégeante » : elle ne facilite pas l'écoulement de l'eau et présente des points d'insalubrité. En climat humide ou modéré, elle impose une classe d'emploi 4.

Conception élaborée

Cumule 4 dispositions (double lambourdes, rainures RLDC / pente, cale de décollement ≥ 3 mm, ventilation 1/50 et plénum ≥ 100 mm) pour réduire la rétention d'humidité et permettre des classes 3.1 / 3.2.

Questions Fréquentes (FAQ)